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dimanche 29 avril 2012
mardi 30 août 2011
THE OPPRESSED - SHARP AS A RAZOR (INTERVIEW)

A-t-on encore besoin de présenter The Oppressed? Auteur du mythique "Oi! Oi! Music" en 1984, ce groupe fut le fer de lance de la mouvance SHARP (SkinHeads Against Racial Prejudice) au sein de la culture Skinhead. Revenu sur le devant de la scène pour quelques concerts, ce fut l'occasion pour nous de nous entretenir avec son leader Roddy Moreno! Et surtout n'oubliez pas: "FUCK FASCISM BEFORE IT FUCKS YOU!"
Lorsque vous avez commencé, quels ont été vos influences musicales?
Tous les vieux groupes Street Punk comme Sham 69, The 4 Skins, Cockney Rejects, etc, etc On voulait juste jouer de la musique punk bruyante.
Le groupe s'est séparé après la sortie de votre premier album, vous revenez en 1996 et puis début 2000, et là vous refaites quelques concerts. Comment expliquez-vous toutes ces séparations et ces come back ?
Nous n'avons jamais voulu être un groupe sérieux et bosseur. Nous avons seulement voulu jouer pour le plaisir et le rire, pas pour des tournées. La première séparation a eu lieu parce qu’il y avait trop de bagarres dans nos concerts et que ça devenait vraiment ennuyeux. Nous nous sommes reformés dans les années 90, essentiellement pour faire profession de foi antifasciste. En 2005, on nous a proposé pas mal d’argent pour participer à un grand festival, on a apprécié et on a tourné et fait des concerts pendant un an jusqu’à ce qu’on en ait marre. Maintenant, c'est 2010 , nous sommes de retour pour quelques concerts jusqu'à ce qu’on s’ennuie à nouveau.
Une de vos chansons les plus célèbres est "Joe Hawkins". Qui est-ce?
C’est un personnage skinhead d’un roman de gare. La chanson reprend quelques épisodes du bouquin. (1)
Sur l'album "Music For Hooligans" le son a changé et les influences punk sont clairement audibles.Était-ce volontaire ou est-ce quelque chose qui est venu naturellement?
Rien de ce que nous faisons n’est planifié, nous suivons le mouvement
Sur les albums du groupe, il y a toujours quelques reprises. Pourquoi?
Parce que j’ai du mal à prendre la peine de bien écrire des chansons , c’est plus facile d'arnaquer d'autres personnes.
Qui est le petit garçon sur la pochette de "We Can Do Anything»?

C'est mon fils Paul. Ma fierté et ma joie.
Durant les années 80 que vous avez créé deux labels Oi! Records et Ska Records. Comment avez-vous choisi les artistes avec lesquels vous avez travaillé?
Les groupes m’envoyaient leurs enregistrements et si j’aimais ce que j’entendais , je bossais avec eux.
Sur Oi! Records vous aviez signé Condemned 84 et Section 5. Dirais tu que ces deux groupes étaient clean quand ils ont commencé et qu’ils se sont progressivement tournés vers des idées fascistes?
Tous les groupes sur Oi Records m’étaient inconnus , tous m’ont affirmés qu'ils étaient contre le racisme. Certains sont ensuite aller jouer avec des groupes douteux etdans des endroits douteux, mais quand ils étaient avec moi, ils n'avaient pas ancore sorti de disques et je les ai pris au mot.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui veut créer un label?
Ne vous tracassez pas, car il est si facile de télécharger des trucs gratuits.
Et à un groupe qui commence ?
Continuez jusqu’à ce que ça devienne ennuyeux et là arrêtez !
Que pensez-vous de la scène musicale skinhead aujourd'hui et quels sont les nouveaux groupes que vous appréciez?
Les nazis ont été évincés de la scène en général, mais il y a le danger d'une nouvelle émergence à cause du nombre grandissant de groupes « apolitiques ». Les meilleurs groupes pour moi en ce moment sont Los Fastidios, Stage Bottles, Klasse Kriminale …
Dans les critiques faites au mouvement skinhead, il y la question du Paki Bashing (2) pratiquée par certains dès le début du mouvement, comment expliques tu ce phénomène ?
Le peu qui ont fait ça étaient des lâches, qui n’osaient pas se battre entre hooligans dans le foot et se sont donc tournés vers des cibles plus faciles.
Vers la fin des années 8o, vous avez activement contribué à l'émergence du mouvement SHARP. Donc, au moins au sein des premiers SHARP, nombre d'entre eux ont été proches des idées d'extrême-gauche?
La plupart des skins SHARP n’étaient ni à gauche ou à droite. Ils étaient, nous étions des enfants de la classe ouvrière qui avions la haine de ce que les racistes avaient fait à la scène skin et nous avons décidé de riposter. Nous étions près à nous dresser contre les racistes avec qui le voulait bien, et donc nous nous sommes retrouvés avec les gens de gauche du même côté de la fracture.
Maintenant, quelle(s) différence (s) faites-vous entre les SHARP et les RASH ?
Comme je l'ai dit , les SHARP sont seulement anti-racistes, les RASH sont plus politiques, mais nous partageons un objectif commun : vaincre le racisme.
Quel genre de relation ont maintenu ces deux groupes dans votre pays, parce qu’ en France c’est assez tendu ?
Il n'y a pas de scène dans ce pays et je ne connais pas de groupes de SHARP ou de RASH au Royaume-Uni.
Que répondez-vous à ceux qui pensent que votre musique est trop étroitement liée à la politique pour que vous soyez un SHARP ?
Fuck off !!!!!!! Je suis SHARP parce que je suis un skinhead qui déteste le racisme et la vie est politique , il faut vous y faire.
Que pensez-vous du téléchargement gratuit ?
C'est bien. Pourquoi payer quand vous pouvez obtenir gratuitement?
Quels sont vos projets futurs?
À l'heure actuelle aucun. Nous avons quelques concerts alignés pour 2011, mais c'est tout.
FUCK FASCISM BEFORE IT FUCKS YOU…
The oppressed website
(1)Les romans en questions ont été écrits dans les années 70, par Richard Allen, un auteurs spécialisés dans les romans pour ados. Une maison d'édition lui en commande un, qui aurait comme héros un jeune skinhead: ce sera Joe Hawkins qui a 16 ans dans le premier tome. Le succès commercial est tel que 16 autres dans le même univers suivront.
(2)A la fin des années 60, dans des quartiers assez circonscrits, des skinheads décident de s'attaquer aux immigrés pakistanais. Cette "pratque" donnera lieu à des réactions d'autodéfense des jeunes concernées qui monteront leurs propres groupes en riposte, avant qu'une partie de ces groupes dégénère elle aussi en regroupements racistes contre d'autres communautés. La presse exploitera dans les deux cas la violence raciste minoritaire dans ces mouvements de jeunes pour stigmatiser des contre cultures majoritairement rebelles.
Propos recueillis par Spike en collaboration avec RS2F
Tiré du site Anarchie Totale
jeudi 28 avril 2011
LOS FASTIDIOS - INTERVIEW
Los Fastidios pour notre deuxième fête, on y a vraiment pensé. Mais les camarades italiens seront en studio en Allemagne durant le mois de novembre. Alors, à défaut de les voir tout de suite, on se consolera en lisant cette petite interview que l’on doit à Arno Ska War/Bolchoi. Et puis, ce n’est que partie remise. Au mois d’avril prochain, Los Fastidios fait une tournée en France, ils passeront à Bordeaux, à Rennes et à Paris, très certainement les 12, 13 et 14 avril, à la demande expresse des sections RASH locales.
Barricata: Peux-tu nous faire un résumé rapide de l’évolution des Los Fastidios depuis 1991?
Enrico: Le groupe s’est formé à Vérone en 1991, à mon initiative. Dans la première formation (une démotape et deux eps), j’étais à la basse. Ma femme Alessia (qui travaille aujourd’hui dans le magasin et label KOB Records) et trois autres garçons jouaient avec moi. En 1995, ils ont quitté le groupe à cause des gros problèmes avec les fascistes (aggressions, menaces). Sebi et Mendez (guitare et basse de Derozer) sont arrivés, ainsi qu’Andrea (le batteur qui jouait avec nous depuis une année). Le groupe a commencé à bien travailler. On a fait beaucoup de concerts dans toute l’Europe, 2 albums, 3 Eps, beaucoup de participations à des compilations, etc.
Au bout de 6 ans, en 2001, nous avons décidé ensemble de changer la formation parce qu’aujourd’hui, il est vraiment difficile de s’occuper des deux groupes. Los Fastidios comme Derozer marchent très bien et ont beaucoup beaucoup d’engagements en Italie et à l’étranger. Depuis la mi-août, nouveau line-up, avec des membres des Oversight & Inerdzia (deux jeunes groupes de Padova).
La nouvelle formation, c’est donc: Enrico (voix), Paolo (guitare & choeurs), Filippo (guitare & choeurs), Eléna (basse & choeurs) et Giacomo (batterie & choeurs).
En ce moment, nous travaillons sur un album qui sortira en décembre 2001.
Barricata: Quel est ton bilan de 10 ans de Los Fastidios?
Enrico: Un excellent bilan. Quand j’ai commençé il y a 10 ans, je n’aurais jamais imaginé être encore ici aujourd’hui. Nous avons vécu des moments très difficiles, mais surtout des grosses satisfactions…Cette expérience a été vraiment importante dans ma vie. Il y a dix ans, en Italie, la scène street skinhead antifasciste ne représentait pas grand chose. Je pense que des groupes comme Los Fastidios ont contribué à réveiller le mouvement, qui aujourd’hui se porte bien. Je suis vraiment satisfait car notre musique et nos messages touchent un public plus jeune que dans le passé. Nous comptons beaucoup sur les nouvelles générations. Notre public est fantastique, et on s’est fait beaucoup d’amis. Il y a des gars qui font beaucoup de kilomètres pour nous suivre, et pour nous, tous les fans de Los Fastidios sont de la bande, ni plus ni moins que les autres membres. C’est une grande Brigata Fastidiosa internationale.
En ce qui concerne le bilan de notre production discographique, pour nous, c’est incroyable de penser que notre dernier album “Contiamo su di voi!” est arrivé à 8000 copies vendues!
Barricata: Vous êtes considéré comme un groupe streetpunk/oi, qu’en pensez-vous, quelle est votre relation à la culture skinhead?
Enrico: Nous définissons notre musique comme streetpunk/oi!
Par rapport à la question skinhead, moi je suis skinhead, comme Sebi (l’ancien guitariste), Paolo (le nouveau guitariste) et Elena (la bassiste) qui est une skingirl. Nous avons beaucoup de contacts et nous supportons beaucoup de groupes/colletifs S.h.a.r.p. et R.a.s.h. dans le monde.Notre public est composé pour une grande part de skins. Donc, il y a beaucoup de liens entre le monde skinhead et Los Fastidios. Seulement, nous défendons le vrai spirit skinhead: prolétaire, antiraciste et antifasciste.
Barricata: De quoi parlez vous dans vos chansons?
Enrico: De notre vie, de tout ce que nous faisons habituellement, des expériences les plus importantes comme les manifestations, la lutte contre le fascisme, le racisme et le capitalisme, le droit d’avoir des places libres comme les squats, les problèmes liés au travail, etc. jusqu’aux situations les plus légères comme les week-ends, le football, les scooters, etc.
Barricata: Cette scène est-elle développée en Italie? Vue de France, elle parait en pleine forme, avec des groupes comme FFD, Senza Sicura, Klasse kriminale...
Enrico: Oui, c’est une bonne période pour le mouvement punk & skin italien, il y a beaucoup be bons groupes, labels, fanzines. Il y a aussi beaucoup de concerts et le mouvement est plus uni que dans le passé.
Barricata: Quelles sont vos relations avec le reste de la scene Oi & Ska internationale?
Enrico: Nous avons beaucoup de contacts avec les groupes, les labels, les fanzines, les radios, etc. Nous avons joué avec beaucoup de oi! & ska bands et dans beaucoup de pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Pologne, la République Tchèque, la France, la Norvège. L’an passé, nous avons aussi joué au Canada.
Barricata: Vous êtes un groupe engagé, clairement antifasciste. Cet engagement militant va-t’il plus loin que la simple lutte antifasciste et antiraciste?
Enrico: Nous sommes très engagé dans la vie politique de nos villes respectives. Moi, je suis membre d’un colletif de Vérone qui s’appelle Porkospino et je collabore avec un squat de Vicenza (le Ya Basta). Depuis dix ans, Los Fastidios soutient les squats italiens, la cause zapatiste. Mais il est vrai que nous sommes surtout concentrés sur l’antifascisme et l’antiracisme parce que la région où nous habitons est infesté de boneheads et de fascistes.
Barricata: Quelle est votre analyse des récents événements de Gênes?
Enrico: J’étais à Gênes ces jours là. Des jours incroyables, des choses et des images que je n’aurais jamais pensé voir! Mais auxquelles nous pouvions pourtant nous attendre avec la police d’un gouvernement quasi fasciste comme celui d’aujourd’hui.
Barricata: Tu tiens un magasin de disque et tu as un label (KOB record). Les deux sont gérés de manière alternative, peux- tu nous expliquer exactement tes activités?
Enrico: J’ai décidé d’ouvrir mon magasin de disques (KOB Records – Kontro Ogni Barriera Records) en 1996 parce que je voulais qu’on puisse trouver dans ma ville de la musique oi!-punk-ska. Je voulais défendre ces genres de musique, c’est pour la même raison que j’ai décidé courant 1998 de créér aussi un label, qui porte le même nom que le magasin. Après 5 ans d’ouverture, le magasin marche bien. Avec mon label, on en est déjà à plus de 50 productions. Mais la plus grande satisfaction, c’est que beaucoup de jeunes ont eu la possibilité de s’intéresser à notre scène et d’apprendre ainsi que le punk n’a pas été inventé par les Green Day!!!
Barricata: Quelle est votre actualité?
Enrico: Nous serons en studio en novembre pour enregistrer le nouvel album qui sortira en décembre chez KOB Records et Mad Butcher Records en LP/CD et chez Rock’n’roller Records en cassette. Nous ferons des concerts en Suisse, Allemagne et Pologne. A partir de janvier débutera notre tour en Italie et dans toute l’Europe pour la promotion du nouvel album. En avril, nous serons en France, où nous avons beaucoup d’amis.
Barricata: Un mot de la fin, des salutations?
Enrico: Merci beaucoup pour cette interview. Un grand salut à toi et à tous les camarades français. On vous attend à nos concerts en France pour chanter, danser et boire ensemble. Hasta siempre!!!
Los Fastidios: biographie officielle
Los Fastidios est aujourd’hui un des groupes phares de la scène streetpunk européenne.
Nés à Vérone fin 1991, les Fastidios, dirigés par Enrico (fondateur du label italien KOB Records) sortent une cassette démo en 1992 puis s’imposent sur la scène avec leur premier single “Birra, Oi! E Divertimento”, EP épuisé en quelques mois seulement, avec lequel le groupe récolte un grand nombre de bonnes appréciations en Italie tout comme à l’étranger.
En octobre 1995, après la sortie du second EP “Banane e Scarponi”, Sebi et Mendez, déjà respectivement guitariste et bassiste du groupe Punk-Rock de Vicenza Derozer, intègrent Los Fastidios. Le groupe continue ainsi sa grande ascension dans le circuit streetpunk italien et étranger grâce notamment au premier album “Hasta la Baldoria” en 1996 (split divisé avec F.F.D. de Parme), au EP “Oi! Gio” en 1997, mais surtout grâce aux nombreux concerts effectués aussi bien Italie qu’en Europe.
En septembre 1998, c’est le deuxième album “Contiamo Su Di Voi!” qui voit le jour, produit par KOB Records en collaboration avec le label allemand Mad Butcher Records et le label polonais Rock’N’Roller. En moins de trois ans, “Contiamo su di voi!” s’est vendu à plus de 8000 exemplaires.
En l’an 2000, respectivement en janvier et en avril, sortent deux nouveaux singles: “Radio Boots” et “Fetter Skinhead”; ce dernier étant un split avec le groupe allemand Stage Bottles, dont Olaf, le saxophoniste est l’invité spécial sur un morceau des Fastidios. Durant la tournée européenne de Los Fastidios en 2000, Olaf fut même l’invité permanent sur scène.
En 2001, sort le CD “1991-2001, Ten years tattooed on my heart”, qui est un hommage aux dix années d’activité de Los Fastidios. Ce CD contient donc tous les singles du groupe, des morceaux sortis uniquement sur compilations, ainsi que deux titres live. Presque simultanément survient un important changement de formation avec l’arrivée dans le groupe de visages déjà connus de la scène européenne, puisqu’il s’agit de membres des deux groupes padouans Oversight et Inerdzia. Donc à partir de maintenant, Paolo (guitare/chant), Filippo (guitare/chant), Elena (basse/chant) et Giacomo (batterie/chant) vont jouer aux côtés d’Enrico (chant).
Ces dernières années, Los Fastidios a accompli de nombreuses tournées qui ont emmené ses membres à travers toute l’Italie, mais également en Allemagne, France, Norvège, Suisse, Autriche, République Tchèque, Pologne, et Canada, d’où ils n’ont rapporté que d’excellentes appréciations.
Le groupe a partagé l’affiche avec des groupes du calibre d’Angelic Upstarts, Red London, Business, UK Subs, DR Ring Ding, Klasse Kriminale, Zona A, Harries, Stage Bottles, 8°6 Crew, Ex-Cathedra….
Le son de Los Fastidios est un streetpunk mélodique puissant qui allie des sonorités Punk-Oi! anglaises classiques des 80’s à des rythmes skankants, le tout chanté en italien. Les textes parlent des situations de la rue les plus festives aux problèmes plus sérieux et engagés qui plongent dans le social, comme les luttes contre toutes formes de discrimination, pour les centres autogérés….
Durant ces dernières années, Los Fastidios a soutenu un grand nombre d’initiatives antiracistes et de causes sociales en participant à divers concerts avec des récoltes de fonds pour le Chiapas, pour les dockers de Liverpool, contre le racisme…
Tiré de Barricata n°8 (Février 2002)
Barricata: Peux-tu nous faire un résumé rapide de l’évolution des Los Fastidios depuis 1991?
Enrico: Le groupe s’est formé à Vérone en 1991, à mon initiative. Dans la première formation (une démotape et deux eps), j’étais à la basse. Ma femme Alessia (qui travaille aujourd’hui dans le magasin et label KOB Records) et trois autres garçons jouaient avec moi. En 1995, ils ont quitté le groupe à cause des gros problèmes avec les fascistes (aggressions, menaces). Sebi et Mendez (guitare et basse de Derozer) sont arrivés, ainsi qu’Andrea (le batteur qui jouait avec nous depuis une année). Le groupe a commencé à bien travailler. On a fait beaucoup de concerts dans toute l’Europe, 2 albums, 3 Eps, beaucoup de participations à des compilations, etc.
Au bout de 6 ans, en 2001, nous avons décidé ensemble de changer la formation parce qu’aujourd’hui, il est vraiment difficile de s’occuper des deux groupes. Los Fastidios comme Derozer marchent très bien et ont beaucoup beaucoup d’engagements en Italie et à l’étranger. Depuis la mi-août, nouveau line-up, avec des membres des Oversight & Inerdzia (deux jeunes groupes de Padova).
La nouvelle formation, c’est donc: Enrico (voix), Paolo (guitare & choeurs), Filippo (guitare & choeurs), Eléna (basse & choeurs) et Giacomo (batterie & choeurs).
En ce moment, nous travaillons sur un album qui sortira en décembre 2001.
Barricata: Quel est ton bilan de 10 ans de Los Fastidios?
Enrico: Un excellent bilan. Quand j’ai commençé il y a 10 ans, je n’aurais jamais imaginé être encore ici aujourd’hui. Nous avons vécu des moments très difficiles, mais surtout des grosses satisfactions…Cette expérience a été vraiment importante dans ma vie. Il y a dix ans, en Italie, la scène street skinhead antifasciste ne représentait pas grand chose. Je pense que des groupes comme Los Fastidios ont contribué à réveiller le mouvement, qui aujourd’hui se porte bien. Je suis vraiment satisfait car notre musique et nos messages touchent un public plus jeune que dans le passé. Nous comptons beaucoup sur les nouvelles générations. Notre public est fantastique, et on s’est fait beaucoup d’amis. Il y a des gars qui font beaucoup de kilomètres pour nous suivre, et pour nous, tous les fans de Los Fastidios sont de la bande, ni plus ni moins que les autres membres. C’est une grande Brigata Fastidiosa internationale.
En ce qui concerne le bilan de notre production discographique, pour nous, c’est incroyable de penser que notre dernier album “Contiamo su di voi!” est arrivé à 8000 copies vendues!
Barricata: Vous êtes considéré comme un groupe streetpunk/oi, qu’en pensez-vous, quelle est votre relation à la culture skinhead?
Enrico: Nous définissons notre musique comme streetpunk/oi!
Par rapport à la question skinhead, moi je suis skinhead, comme Sebi (l’ancien guitariste), Paolo (le nouveau guitariste) et Elena (la bassiste) qui est une skingirl. Nous avons beaucoup de contacts et nous supportons beaucoup de groupes/colletifs S.h.a.r.p. et R.a.s.h. dans le monde.Notre public est composé pour une grande part de skins. Donc, il y a beaucoup de liens entre le monde skinhead et Los Fastidios. Seulement, nous défendons le vrai spirit skinhead: prolétaire, antiraciste et antifasciste.
Barricata: De quoi parlez vous dans vos chansons?
Enrico: De notre vie, de tout ce que nous faisons habituellement, des expériences les plus importantes comme les manifestations, la lutte contre le fascisme, le racisme et le capitalisme, le droit d’avoir des places libres comme les squats, les problèmes liés au travail, etc. jusqu’aux situations les plus légères comme les week-ends, le football, les scooters, etc.
Barricata: Cette scène est-elle développée en Italie? Vue de France, elle parait en pleine forme, avec des groupes comme FFD, Senza Sicura, Klasse kriminale...
Enrico: Oui, c’est une bonne période pour le mouvement punk & skin italien, il y a beaucoup be bons groupes, labels, fanzines. Il y a aussi beaucoup de concerts et le mouvement est plus uni que dans le passé.
Barricata: Quelles sont vos relations avec le reste de la scene Oi & Ska internationale?
Enrico: Nous avons beaucoup de contacts avec les groupes, les labels, les fanzines, les radios, etc. Nous avons joué avec beaucoup de oi! & ska bands et dans beaucoup de pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Pologne, la République Tchèque, la France, la Norvège. L’an passé, nous avons aussi joué au Canada.
Barricata: Vous êtes un groupe engagé, clairement antifasciste. Cet engagement militant va-t’il plus loin que la simple lutte antifasciste et antiraciste?
Enrico: Nous sommes très engagé dans la vie politique de nos villes respectives. Moi, je suis membre d’un colletif de Vérone qui s’appelle Porkospino et je collabore avec un squat de Vicenza (le Ya Basta). Depuis dix ans, Los Fastidios soutient les squats italiens, la cause zapatiste. Mais il est vrai que nous sommes surtout concentrés sur l’antifascisme et l’antiracisme parce que la région où nous habitons est infesté de boneheads et de fascistes.
Barricata: Quelle est votre analyse des récents événements de Gênes?
Enrico: J’étais à Gênes ces jours là. Des jours incroyables, des choses et des images que je n’aurais jamais pensé voir! Mais auxquelles nous pouvions pourtant nous attendre avec la police d’un gouvernement quasi fasciste comme celui d’aujourd’hui.
Barricata: Tu tiens un magasin de disque et tu as un label (KOB record). Les deux sont gérés de manière alternative, peux- tu nous expliquer exactement tes activités?
Enrico: J’ai décidé d’ouvrir mon magasin de disques (KOB Records – Kontro Ogni Barriera Records) en 1996 parce que je voulais qu’on puisse trouver dans ma ville de la musique oi!-punk-ska. Je voulais défendre ces genres de musique, c’est pour la même raison que j’ai décidé courant 1998 de créér aussi un label, qui porte le même nom que le magasin. Après 5 ans d’ouverture, le magasin marche bien. Avec mon label, on en est déjà à plus de 50 productions. Mais la plus grande satisfaction, c’est que beaucoup de jeunes ont eu la possibilité de s’intéresser à notre scène et d’apprendre ainsi que le punk n’a pas été inventé par les Green Day!!!
Barricata: Quelle est votre actualité?
Enrico: Nous serons en studio en novembre pour enregistrer le nouvel album qui sortira en décembre chez KOB Records et Mad Butcher Records en LP/CD et chez Rock’n’roller Records en cassette. Nous ferons des concerts en Suisse, Allemagne et Pologne. A partir de janvier débutera notre tour en Italie et dans toute l’Europe pour la promotion du nouvel album. En avril, nous serons en France, où nous avons beaucoup d’amis.
Barricata: Un mot de la fin, des salutations?
Enrico: Merci beaucoup pour cette interview. Un grand salut à toi et à tous les camarades français. On vous attend à nos concerts en France pour chanter, danser et boire ensemble. Hasta siempre!!!
Los Fastidios: biographie officielle
Los Fastidios est aujourd’hui un des groupes phares de la scène streetpunk européenne.
Nés à Vérone fin 1991, les Fastidios, dirigés par Enrico (fondateur du label italien KOB Records) sortent une cassette démo en 1992 puis s’imposent sur la scène avec leur premier single “Birra, Oi! E Divertimento”, EP épuisé en quelques mois seulement, avec lequel le groupe récolte un grand nombre de bonnes appréciations en Italie tout comme à l’étranger.
En octobre 1995, après la sortie du second EP “Banane e Scarponi”, Sebi et Mendez, déjà respectivement guitariste et bassiste du groupe Punk-Rock de Vicenza Derozer, intègrent Los Fastidios. Le groupe continue ainsi sa grande ascension dans le circuit streetpunk italien et étranger grâce notamment au premier album “Hasta la Baldoria” en 1996 (split divisé avec F.F.D. de Parme), au EP “Oi! Gio” en 1997, mais surtout grâce aux nombreux concerts effectués aussi bien Italie qu’en Europe.
En septembre 1998, c’est le deuxième album “Contiamo Su Di Voi!” qui voit le jour, produit par KOB Records en collaboration avec le label allemand Mad Butcher Records et le label polonais Rock’N’Roller. En moins de trois ans, “Contiamo su di voi!” s’est vendu à plus de 8000 exemplaires.
En l’an 2000, respectivement en janvier et en avril, sortent deux nouveaux singles: “Radio Boots” et “Fetter Skinhead”; ce dernier étant un split avec le groupe allemand Stage Bottles, dont Olaf, le saxophoniste est l’invité spécial sur un morceau des Fastidios. Durant la tournée européenne de Los Fastidios en 2000, Olaf fut même l’invité permanent sur scène.
En 2001, sort le CD “1991-2001, Ten years tattooed on my heart”, qui est un hommage aux dix années d’activité de Los Fastidios. Ce CD contient donc tous les singles du groupe, des morceaux sortis uniquement sur compilations, ainsi que deux titres live. Presque simultanément survient un important changement de formation avec l’arrivée dans le groupe de visages déjà connus de la scène européenne, puisqu’il s’agit de membres des deux groupes padouans Oversight et Inerdzia. Donc à partir de maintenant, Paolo (guitare/chant), Filippo (guitare/chant), Elena (basse/chant) et Giacomo (batterie/chant) vont jouer aux côtés d’Enrico (chant).
Ces dernières années, Los Fastidios a accompli de nombreuses tournées qui ont emmené ses membres à travers toute l’Italie, mais également en Allemagne, France, Norvège, Suisse, Autriche, République Tchèque, Pologne, et Canada, d’où ils n’ont rapporté que d’excellentes appréciations.
Le groupe a partagé l’affiche avec des groupes du calibre d’Angelic Upstarts, Red London, Business, UK Subs, DR Ring Ding, Klasse Kriminale, Zona A, Harries, Stage Bottles, 8°6 Crew, Ex-Cathedra….
Le son de Los Fastidios est un streetpunk mélodique puissant qui allie des sonorités Punk-Oi! anglaises classiques des 80’s à des rythmes skankants, le tout chanté en italien. Les textes parlent des situations de la rue les plus festives aux problèmes plus sérieux et engagés qui plongent dans le social, comme les luttes contre toutes formes de discrimination, pour les centres autogérés….
Durant ces dernières années, Los Fastidios a soutenu un grand nombre d’initiatives antiracistes et de causes sociales en participant à divers concerts avec des récoltes de fonds pour le Chiapas, pour les dockers de Liverpool, contre le racisme…
Tiré de Barricata n°8 (Février 2002)
mercredi 23 février 2011
REVOLUTION TIMES - LA SCENE REDSKIN EN ALLEMAGNE
La longue et éclairante interview qui suit est celle de Kim, le principal rédacteur de l'excellent red-skinzine allemand REVOLUTION TIMES (voir en rubrique "zines"). Pour se procurer ce zine, il faut envoyer au moins 5 Marks (ou 20 balles à défaut) à Revolution Times, Postlagernd, 23501 Lubeck, Allemagne. Nous, on vous le conseille vraiment, car c'est certainement ce qu'on peut faire de mieux sur la scène red, tant au niveau de la régularité de la parution (à peu près tous les trois mois), de la longévité (11 numéros déjà !), et de la pertinence politique. Bien sûr, c'est écrit en allemand, mais bon...
Red and Black Greetings Kim, and long way ! Together, we are strong ! Together, we'll win ! RASH United !
Barricata - Peux-tu nous parler de Revolution Times ? Depuis quand existe le zine, quelle est sa diffusion, comment se situe-t-il politiquement? Depuis combien de temps es-tu redskin, et quels sont tes liens avec les autres reds d'Allemagne, d'Europe ?
Kim - Je suis devenu communiste vers 1988/1989, et je suis redskin depuis 1993. J'ai donné beaucoup de temps, d'énergie et d'argent à ce mouvement. J'ai organisé des concerts et des manifestations. Je m'occupe du fanzine et je participe à diverses actions menées avec des camarades qui ne sont pas forcément redskins. Nous nous battons avec les nazis. Ils veulent nous faire la peau, mais on continue !
Le premier numéro de Revolution Times est sorti en août 1995 (le RASH Allemagne a été fondé en mars 1995), le numéro #11 date de décembre 1999...Le fanzine est une plate-forme et un forum pour les redskins et les autres skins antifascistes. Avant Revolution Times, il y a eu une longue période en Allemagne sans aucun fanzine redskin. Aujourd'hui, la plupart des skinzines allemands sont "non-politiques", seulement orientés vers le "fun". C'est notamment le cas de Skintonic, devenu Skin Up. C'était le zine des Sharps. Mais depuis quelques années, il n'est plus qu'un magazine libéral de musique, antiraciste certes, mais sans aucune position politique. Nous sommes trop politiques à leurs yeux.
Revolution Times a répondu à une attente, il a permis de rompre, dans une certaine mesure, avec l'isolement de beaucoup de redskins. Il a comblé un vide. Aujourd'hui, ce zine est la voix des skins de gauche, même si nous avons nos propres vues, mais ceux qui nous lisent le savent.
Moi, je crois au Communisme des Conseils (conseillisme). Je suis pour une véritable démocratie ouvrière, sans la dictature d'un parti ou d'une classe, sans Etat ni salaire. Mon projet politique, c'est d'abolir le modèle d'économie et de pensée capitaliste. En URSS, la classe dirigeante, non sans hypocrisie, parlait de son Etat comme d'un Etat ouvrier, alors que les travailleurs n'avaient aucun droit, et que les Conseils ont été détruits par cette même "avant-garde de la classe ouvrière" à Cronstadt en 1921. La classe ouvrière s'était levée pour réaliser une des thèses de 1917 ("tout le pouvoir aux soviets !"). Les bolcheviks ont privé les conseils de leurs pouvoir et ont éliminé physiquement les vieux combattants comme les anarchistes, les anarcho-syndicalistes, les communistes de gauche, ainsi que les ouvriers qui tentaient d'autogérer les usines. Pour moi, le communisme et la Révolution Sociale ne sont pas la "chose" d'un parti, mais découlent du développement du mouvement des masses. On ne décrète pas le socialisme, il vit dans la créativité des masses. D'une certaine façon, je suis plus proche d'un anarcho-syndicaliste que d'un capitaliste d'Etat se disant "communiste".
Aujourd'hui, Revolution Times est diffusé à hauteur de 500 exemplaires par numéro. Nous avons des lecteurs dans toutes les parties de l'Europe et du monde, même au Chili et en Hongrie. Nous sommes amis avec de nombreux skins et nous étions aux fêtes de Bilbao les deux dernières années. Les basques, les français (salutations à Bordeaux, Toulouse et Dijon !), les italiens et les espagnols sont de bons potes.
B - Où en est la scène alternative en Allemagne ? Groupes, hools, militants... Quelles sont les différences entre l'Est et l'Ouest ?
K - La scène skin et punk est de moins en moins politique. Mais c'est une tendance qui touche toute la société, le pire, c'est la "Love Parade" et le "mouvement techno"...
Il est difficile de parler de scène redskin en Allemagne. Oui, il y a des concerts, parfois des manifs et des meetings comme à Giessen, il y a des zines comme Rude & Red, il y a beaucoup de monde se disant "redskin", mais il n'y a pas de structure solide. Il y a beaucoup de reds, mais ils sont assez isolés et bossent dans leur coin. Nous avons deux bons groupes, No Respect et Stage Bottles, il existe le label Mad Butcher de Mike, il y a les gens de Cable Street Beat, il y a des boutiques et des diffuseurs comme No Name à Berlin, et bien d'autres choses encore, mais il n'y a pas d'unité d'action. Le problème principal, c'est ça, trop de skins de gauche bossent de leur côté, on manque d'unité. Soit parce qu'ils ne sont pas intéressés par la politique organisée, soit parce qu'ils ne ressentent pas le besoin de s'unir. D'autres ne roulent que pour recruter pour leur propre organisation, comme Rude & Red, qui est le zine de la section allemande du SWP (trotskyste). Pour le futur, il serait bon de rompre avec cet isolement, si nous voulons être une véritable alternative à l'apolitisme et aux boneheads.
Avec Rude & Red, nous avons eu une vive discussion, car ils ont écrit dans leur zine, et dans un style plus qu'arrogant, que la plupart des redskins allemands étaient des "staliniens" ou des "embarrassants autonomes". Ils affirment que les anarchistes, les anarcho-syndicalistes et les conseillistes sont des "contre-révolutionnaires" et des "petits bourgeois". Leur but, c'est de construire la Quatrième Internationale, et de recruter pour leur orga, pas d'encourager la classe ouvrière à agir et penser par elle même. Ils ne sont pas du tout intéressés par les luttes indépendantes. Leur zine n'a pas une interview de groupe ou une chronique de disques, mais il contient un maximum de politique émanant de leur organisation. Dans une lettre qu'ils nous ont envoyé, ils défendent Trotsky pour son attitude pendant Cronstadt. En 1999, à notre meeting, ils nous ont pris la tête en monopolisant la parole et en distribuant des tas de tracts. Mais après cette démonstration, ils sont partis, ils ne sont même pas restés pour les concerts et la fête qui a suivie! On ne peut pas dire que leurs méthodes soient très bonnes pour la scène redskin allemande. Ils tentent d'introduire leur esprit "léniniste d'avant-garde" avec de si gros sabots que plus personne ne les supporte. Ils sont si convaincus de leur "vérité révolutionnaire" et de leur sagesse qu'ils méprisent les autres.
En Allemagne, il y a beaucoup de groupes de ska, et la plupart sont antiracistes, mais ils ne veulent pas en faire plus. Certains jouent parfois en soutien aux antifascistes et aux antimilitaristes. En ce qui concerne les groupes de Oi!, il n'y a presque que de la merde. Ils parlent de boisson, de violence et de stupide sexisme. Musicalement, c'est souvent très mauvais. Et je ne parle pas du public...C'est pour ça qu'on préfère aller aux seuls concerts strictement antifascistes, avec des groupes bien à gauche.
Le principal problème, c'est que les nazis sont très puissants, et qu'ils évoluent sur la scène "apolitique de droite". Ils vont à divers concerts (The business, par exemple). Or, sur cette scène, il y a de plus en plus de jeunes. Ils deviennent skins par l'intermédiaire des conneries de Georges Marshall ("just pure skinheads"), ils écoutent de la Oi!, mais pas de ska ni de reggae, ils n'ont ni buts, ni projets, ni pensée, et ils sont susceptibles de basculer facilement du côté des zinas. C'est le problème que vous avez soulevé avec le "Redskin Hate Mail" traduit dans Barricata # 3.
1999 fut pour nous une moins bonne année que 1998. Le 1er mai 1998, on avait organisé un grand meeting avec des participants de France, d'Italie, d'Allemagne, d'Espagne et de Suisse à Giessen, près de Frankfort. Die Tornados, Les Partisans, et Stage Bottles ont joué pour nous, et il y a eu des centaines de skins, punks, antifascistes, anarchistes, etc. pendant la manifestation et les concerts. En 1999, on a seulement organisé un meeting à l'Est, avec moins de succès. Nous pensons pourtant qu'il est important d'organiser des meetings à l'Est parce que les bones s'y développent et qu'il y a encore trop peu d'antifascistes radicaux, même si les redskins sont de plus en plus présents. C'est en fait dans les toutes petites villes que les fafs grossissent. A l'Ouest, leur nombre augmente dans les kops de l'HSV, de Herta BSC, Hansa Rostock, etc. A St-Pauli, le kop compte une centaine de redskins et de sharps, il y a souvent du fight avec les nazis. Le journal local de Hambourg a récemment parlé du "problème hooligan de St-Pauli". Il y a bien d'autres clubs qui ont des hools de gauche, mais leur nombre reste inférieur aux fascistes.
En réalité, les temps ne sont pas très bons, mais nous devons nous battre et vivre avec. Nous pensons comme Stage Bottles le chante dans "Take that" que "ce n'est pas notre temps, mais nous continuons !" (It's not our time, but we carry on!)
B - Comment se passent les relations avec les dirigeants ?
K - Osasuna a eu pendant 15 ans le même président, un pur fils de pute qui nous ignorait et qui aurait souhaité qu'Indar Gorri n'existe pas pour d'évidentes raisons politiques. Ensuite, la direction était très proche de l'UPN (version navarraise du PP, Partido Popular, droite ex-franquiste, NdP (Ndp = note du Président autoproclamé du RASH Paris le glorieux Chino)). Ils ont essayé de se rapprocher de nous, de nous acheter en nous filant des places gratuites, mais on les a envoyé chier. Quand cette direction s'est barrée, elle a laissé Osasuna au bord du gouffre... En janvier 98 il y eut des élections pour la présidence. Il y avait deux candidats, un de gauche et un de droite, du PP. Nous avons fait une assemblée pour savoir si on allait soutenir le candidat de gauche. Nous avons décidé que nous le soutiendrons car c'était le moins pire (ex-indépendantiste, avec un frère membre d'ETA et un fils à Indar Gorri). Il a gagné en partie grace à nous, et par son biais nous avons réussi à faire rentrer la langue basque dans notre stade et à célébrer le Bai Euskarari avec d'autres collectifs populaires). Bref, les relations sont assez bonnes.
B - Qu'en est-il de la scène faf ?
K - La scène bonehead est plus organisée que dans les années 80 et au début des 90's. Ils sont structurés entre "Hammerskins" et "Blood and Honour". Ils ont des connections avec le parti nazi NDP (dont le but est le "national-socialisme"...) et son organisation de jeunesse JN, ainsi qu'avec la " Freie Kameradschaften" ("libre camaraderie"), qui remplace les groupes nazis NF et FAP, aujourd'hui interdits. Les boneheads ont beaucoup de labels, de groupes, de zines, ils organisent des meetings et des concerts, ils sont présents sur le net, leur scène grossit. Mais le niveau politique de la majorité d'entre eux est très bas.
Il y a deux "tendances" sur la scène nazi. Certains, déçus par les échecs électoraux, vont vers le terrorisme, ils cherchent à construire une sorte de "Fraction armée brune", c'est le cas d'une partie des membres de la Freie Kameradschaften. D'autres, ceux des JN et du NPD, parlent du besoin d'un "socialisme national" et tentent de récupérer les vieux cadres du parti stalinien SED de l'ancienne RDA, ils cherchent aussi à gagner les électeurs du PDS (ex-communistes. Ndlr). Ils disent qu'ils veulent abolir le capitalisme et l'exploitation des travailleurs. Ils justifient la séparation de la société en classes comme "naturelle". Le national-socialisme, c'est pour eux une "police sociale dans leur propre nation".
Certains nazis se sont organisés en "cercle NS près et dans le NPD" ("NS in und bei der NDP"), ce cercle comprend des anciens staliniens des groupes SED/SEW. Ils admirent la Corée du Nord car ils voient ce système sanglant comme le "parfait socialisme national", vous voyez ce que socialisme veut dire pour eux...Ce n'est pas la liberté et l'égalité, mais le tout-Etat et la répression. Le nationalisme, mais sûrement pas le socialisme.
B - Quelle place pour Revolution Times et pour les Reds dans le mouvement social ?
K - Le problème, c'est qu'en Allemagne, il n'y a pas de grand mouvement social en ce moment. Il n'y a que des combats isolés (occupations d'usines). Seuls quelques uns d'entre nous sont impliqués. C'est pour ça que nous nous intéressons aux luttes sociales des autres pays comme la France, le Pays Basque. Notre place doit être là où notre classe se bat pour son droit à une autre vie. Pour nous, il est évident que les redskins sont une part du mouvement qui se bat pour le Socialisme et contre Capitalisme, Fascisme et Stalinisme. Notre devoir, c'est d'aider et de supporter les combats de notre classe, de la classe ouvrière, pour son auto-organisation et contre tous ceux qui blessent ce processus d'auto-organisation. Un redskin d'Allemagne de l'Est publie maintenant un zine conseilliste qui s'appelle Soziale Befreiung ("libération sociale"). C'est un zine dédié au communisme libertaire. Il veut encourager les discussions sur la théorie et la pratique de la lutte des classes. Sinon, la plupart des redskins allemands sont organisés dans leurs propres groupes et organisations. A la dernière manifestation en mémoire de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht (grandes figures communistes "spartakistes" assassinées par les Corps Francs aux ordres de la social-démocratie en janvier 1919. Ndlr), il y avait beaucoup de skins avec une conscience de classe. Tous les manifestants qui ont été arrêtés cette année étaient en fait des skinheads.
B - Des salutations ?
K - Nous voulons vous remercier de la possibilité de cette interview. Nous saluons tous les Redskins de France, les communistes libertaires et les lecteurs du zine Barricata. La lutte continue!!! (en français dans le texte. Ndlr) Si vous êtes intéressés par notre zine, envoyez 5 Marks à Revolution Times (adresse ci-dessus) ou visitez notre site internet:http://www.partisan.net/inhalt.html
Je pense qu'après les guerres en Yougoslavie et en Tchétchénie, il y a grand besoin d'Internationalisme prolétarien, nos relations doivent s'inscrire comme telles. Nos positions doivent être anti-impérialistes, il faut se battre contre les relations capitalistes. La guerre de l'OTAN en Yougoslavie ne devrait pas être la dernière au nom des "droits de l'homme".
Il y a trois livres que je voudrais recommander aux lecteurs de Barricata. La Révolution Inconnue de Voline; Les Bolchéviks et le contrôle des travailleurs, Etat et contre-révolution de Maurice Britons; et Mai 68, subversion et offense.
Pas besoin de représentants ou de leaders, même "progressistes". Agissez et pensez par vous-même! Prenez le contrôle de vos vies. Il n'y a que vous pour vous rendre libre! L'auto-organisation est le chemin et le but de la Révolution socialiste internationale ! Votre combat est notre combat ! Stay rude, stay skinhead ! Salutations noires et rouges !!!
Tiré de Barricata n°4 (Mars 2000)
Red and Black Greetings Kim, and long way ! Together, we are strong ! Together, we'll win ! RASH United !
Barricata - Peux-tu nous parler de Revolution Times ? Depuis quand existe le zine, quelle est sa diffusion, comment se situe-t-il politiquement? Depuis combien de temps es-tu redskin, et quels sont tes liens avec les autres reds d'Allemagne, d'Europe ?
Kim - Je suis devenu communiste vers 1988/1989, et je suis redskin depuis 1993. J'ai donné beaucoup de temps, d'énergie et d'argent à ce mouvement. J'ai organisé des concerts et des manifestations. Je m'occupe du fanzine et je participe à diverses actions menées avec des camarades qui ne sont pas forcément redskins. Nous nous battons avec les nazis. Ils veulent nous faire la peau, mais on continue !
Le premier numéro de Revolution Times est sorti en août 1995 (le RASH Allemagne a été fondé en mars 1995), le numéro #11 date de décembre 1999...Le fanzine est une plate-forme et un forum pour les redskins et les autres skins antifascistes. Avant Revolution Times, il y a eu une longue période en Allemagne sans aucun fanzine redskin. Aujourd'hui, la plupart des skinzines allemands sont "non-politiques", seulement orientés vers le "fun". C'est notamment le cas de Skintonic, devenu Skin Up. C'était le zine des Sharps. Mais depuis quelques années, il n'est plus qu'un magazine libéral de musique, antiraciste certes, mais sans aucune position politique. Nous sommes trop politiques à leurs yeux.
Revolution Times a répondu à une attente, il a permis de rompre, dans une certaine mesure, avec l'isolement de beaucoup de redskins. Il a comblé un vide. Aujourd'hui, ce zine est la voix des skins de gauche, même si nous avons nos propres vues, mais ceux qui nous lisent le savent.
Moi, je crois au Communisme des Conseils (conseillisme). Je suis pour une véritable démocratie ouvrière, sans la dictature d'un parti ou d'une classe, sans Etat ni salaire. Mon projet politique, c'est d'abolir le modèle d'économie et de pensée capitaliste. En URSS, la classe dirigeante, non sans hypocrisie, parlait de son Etat comme d'un Etat ouvrier, alors que les travailleurs n'avaient aucun droit, et que les Conseils ont été détruits par cette même "avant-garde de la classe ouvrière" à Cronstadt en 1921. La classe ouvrière s'était levée pour réaliser une des thèses de 1917 ("tout le pouvoir aux soviets !"). Les bolcheviks ont privé les conseils de leurs pouvoir et ont éliminé physiquement les vieux combattants comme les anarchistes, les anarcho-syndicalistes, les communistes de gauche, ainsi que les ouvriers qui tentaient d'autogérer les usines. Pour moi, le communisme et la Révolution Sociale ne sont pas la "chose" d'un parti, mais découlent du développement du mouvement des masses. On ne décrète pas le socialisme, il vit dans la créativité des masses. D'une certaine façon, je suis plus proche d'un anarcho-syndicaliste que d'un capitaliste d'Etat se disant "communiste".
Aujourd'hui, Revolution Times est diffusé à hauteur de 500 exemplaires par numéro. Nous avons des lecteurs dans toutes les parties de l'Europe et du monde, même au Chili et en Hongrie. Nous sommes amis avec de nombreux skins et nous étions aux fêtes de Bilbao les deux dernières années. Les basques, les français (salutations à Bordeaux, Toulouse et Dijon !), les italiens et les espagnols sont de bons potes.
B - Où en est la scène alternative en Allemagne ? Groupes, hools, militants... Quelles sont les différences entre l'Est et l'Ouest ?
K - La scène skin et punk est de moins en moins politique. Mais c'est une tendance qui touche toute la société, le pire, c'est la "Love Parade" et le "mouvement techno"...
Il est difficile de parler de scène redskin en Allemagne. Oui, il y a des concerts, parfois des manifs et des meetings comme à Giessen, il y a des zines comme Rude & Red, il y a beaucoup de monde se disant "redskin", mais il n'y a pas de structure solide. Il y a beaucoup de reds, mais ils sont assez isolés et bossent dans leur coin. Nous avons deux bons groupes, No Respect et Stage Bottles, il existe le label Mad Butcher de Mike, il y a les gens de Cable Street Beat, il y a des boutiques et des diffuseurs comme No Name à Berlin, et bien d'autres choses encore, mais il n'y a pas d'unité d'action. Le problème principal, c'est ça, trop de skins de gauche bossent de leur côté, on manque d'unité. Soit parce qu'ils ne sont pas intéressés par la politique organisée, soit parce qu'ils ne ressentent pas le besoin de s'unir. D'autres ne roulent que pour recruter pour leur propre organisation, comme Rude & Red, qui est le zine de la section allemande du SWP (trotskyste). Pour le futur, il serait bon de rompre avec cet isolement, si nous voulons être une véritable alternative à l'apolitisme et aux boneheads.
Avec Rude & Red, nous avons eu une vive discussion, car ils ont écrit dans leur zine, et dans un style plus qu'arrogant, que la plupart des redskins allemands étaient des "staliniens" ou des "embarrassants autonomes". Ils affirment que les anarchistes, les anarcho-syndicalistes et les conseillistes sont des "contre-révolutionnaires" et des "petits bourgeois". Leur but, c'est de construire la Quatrième Internationale, et de recruter pour leur orga, pas d'encourager la classe ouvrière à agir et penser par elle même. Ils ne sont pas du tout intéressés par les luttes indépendantes. Leur zine n'a pas une interview de groupe ou une chronique de disques, mais il contient un maximum de politique émanant de leur organisation. Dans une lettre qu'ils nous ont envoyé, ils défendent Trotsky pour son attitude pendant Cronstadt. En 1999, à notre meeting, ils nous ont pris la tête en monopolisant la parole et en distribuant des tas de tracts. Mais après cette démonstration, ils sont partis, ils ne sont même pas restés pour les concerts et la fête qui a suivie! On ne peut pas dire que leurs méthodes soient très bonnes pour la scène redskin allemande. Ils tentent d'introduire leur esprit "léniniste d'avant-garde" avec de si gros sabots que plus personne ne les supporte. Ils sont si convaincus de leur "vérité révolutionnaire" et de leur sagesse qu'ils méprisent les autres.
En Allemagne, il y a beaucoup de groupes de ska, et la plupart sont antiracistes, mais ils ne veulent pas en faire plus. Certains jouent parfois en soutien aux antifascistes et aux antimilitaristes. En ce qui concerne les groupes de Oi!, il n'y a presque que de la merde. Ils parlent de boisson, de violence et de stupide sexisme. Musicalement, c'est souvent très mauvais. Et je ne parle pas du public...C'est pour ça qu'on préfère aller aux seuls concerts strictement antifascistes, avec des groupes bien à gauche.
Le principal problème, c'est que les nazis sont très puissants, et qu'ils évoluent sur la scène "apolitique de droite". Ils vont à divers concerts (The business, par exemple). Or, sur cette scène, il y a de plus en plus de jeunes. Ils deviennent skins par l'intermédiaire des conneries de Georges Marshall ("just pure skinheads"), ils écoutent de la Oi!, mais pas de ska ni de reggae, ils n'ont ni buts, ni projets, ni pensée, et ils sont susceptibles de basculer facilement du côté des zinas. C'est le problème que vous avez soulevé avec le "Redskin Hate Mail" traduit dans Barricata # 3.
1999 fut pour nous une moins bonne année que 1998. Le 1er mai 1998, on avait organisé un grand meeting avec des participants de France, d'Italie, d'Allemagne, d'Espagne et de Suisse à Giessen, près de Frankfort. Die Tornados, Les Partisans, et Stage Bottles ont joué pour nous, et il y a eu des centaines de skins, punks, antifascistes, anarchistes, etc. pendant la manifestation et les concerts. En 1999, on a seulement organisé un meeting à l'Est, avec moins de succès. Nous pensons pourtant qu'il est important d'organiser des meetings à l'Est parce que les bones s'y développent et qu'il y a encore trop peu d'antifascistes radicaux, même si les redskins sont de plus en plus présents. C'est en fait dans les toutes petites villes que les fafs grossissent. A l'Ouest, leur nombre augmente dans les kops de l'HSV, de Herta BSC, Hansa Rostock, etc. A St-Pauli, le kop compte une centaine de redskins et de sharps, il y a souvent du fight avec les nazis. Le journal local de Hambourg a récemment parlé du "problème hooligan de St-Pauli". Il y a bien d'autres clubs qui ont des hools de gauche, mais leur nombre reste inférieur aux fascistes.
En réalité, les temps ne sont pas très bons, mais nous devons nous battre et vivre avec. Nous pensons comme Stage Bottles le chante dans "Take that" que "ce n'est pas notre temps, mais nous continuons !" (It's not our time, but we carry on!)
B - Comment se passent les relations avec les dirigeants ?
K - Osasuna a eu pendant 15 ans le même président, un pur fils de pute qui nous ignorait et qui aurait souhaité qu'Indar Gorri n'existe pas pour d'évidentes raisons politiques. Ensuite, la direction était très proche de l'UPN (version navarraise du PP, Partido Popular, droite ex-franquiste, NdP (Ndp = note du Président autoproclamé du RASH Paris le glorieux Chino)). Ils ont essayé de se rapprocher de nous, de nous acheter en nous filant des places gratuites, mais on les a envoyé chier. Quand cette direction s'est barrée, elle a laissé Osasuna au bord du gouffre... En janvier 98 il y eut des élections pour la présidence. Il y avait deux candidats, un de gauche et un de droite, du PP. Nous avons fait une assemblée pour savoir si on allait soutenir le candidat de gauche. Nous avons décidé que nous le soutiendrons car c'était le moins pire (ex-indépendantiste, avec un frère membre d'ETA et un fils à Indar Gorri). Il a gagné en partie grace à nous, et par son biais nous avons réussi à faire rentrer la langue basque dans notre stade et à célébrer le Bai Euskarari avec d'autres collectifs populaires). Bref, les relations sont assez bonnes.
B - Qu'en est-il de la scène faf ?
K - La scène bonehead est plus organisée que dans les années 80 et au début des 90's. Ils sont structurés entre "Hammerskins" et "Blood and Honour". Ils ont des connections avec le parti nazi NDP (dont le but est le "national-socialisme"...) et son organisation de jeunesse JN, ainsi qu'avec la " Freie Kameradschaften" ("libre camaraderie"), qui remplace les groupes nazis NF et FAP, aujourd'hui interdits. Les boneheads ont beaucoup de labels, de groupes, de zines, ils organisent des meetings et des concerts, ils sont présents sur le net, leur scène grossit. Mais le niveau politique de la majorité d'entre eux est très bas.
Il y a deux "tendances" sur la scène nazi. Certains, déçus par les échecs électoraux, vont vers le terrorisme, ils cherchent à construire une sorte de "Fraction armée brune", c'est le cas d'une partie des membres de la Freie Kameradschaften. D'autres, ceux des JN et du NPD, parlent du besoin d'un "socialisme national" et tentent de récupérer les vieux cadres du parti stalinien SED de l'ancienne RDA, ils cherchent aussi à gagner les électeurs du PDS (ex-communistes. Ndlr). Ils disent qu'ils veulent abolir le capitalisme et l'exploitation des travailleurs. Ils justifient la séparation de la société en classes comme "naturelle". Le national-socialisme, c'est pour eux une "police sociale dans leur propre nation".
Certains nazis se sont organisés en "cercle NS près et dans le NPD" ("NS in und bei der NDP"), ce cercle comprend des anciens staliniens des groupes SED/SEW. Ils admirent la Corée du Nord car ils voient ce système sanglant comme le "parfait socialisme national", vous voyez ce que socialisme veut dire pour eux...Ce n'est pas la liberté et l'égalité, mais le tout-Etat et la répression. Le nationalisme, mais sûrement pas le socialisme.
B - Quelle place pour Revolution Times et pour les Reds dans le mouvement social ?
K - Le problème, c'est qu'en Allemagne, il n'y a pas de grand mouvement social en ce moment. Il n'y a que des combats isolés (occupations d'usines). Seuls quelques uns d'entre nous sont impliqués. C'est pour ça que nous nous intéressons aux luttes sociales des autres pays comme la France, le Pays Basque. Notre place doit être là où notre classe se bat pour son droit à une autre vie. Pour nous, il est évident que les redskins sont une part du mouvement qui se bat pour le Socialisme et contre Capitalisme, Fascisme et Stalinisme. Notre devoir, c'est d'aider et de supporter les combats de notre classe, de la classe ouvrière, pour son auto-organisation et contre tous ceux qui blessent ce processus d'auto-organisation. Un redskin d'Allemagne de l'Est publie maintenant un zine conseilliste qui s'appelle Soziale Befreiung ("libération sociale"). C'est un zine dédié au communisme libertaire. Il veut encourager les discussions sur la théorie et la pratique de la lutte des classes. Sinon, la plupart des redskins allemands sont organisés dans leurs propres groupes et organisations. A la dernière manifestation en mémoire de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht (grandes figures communistes "spartakistes" assassinées par les Corps Francs aux ordres de la social-démocratie en janvier 1919. Ndlr), il y avait beaucoup de skins avec une conscience de classe. Tous les manifestants qui ont été arrêtés cette année étaient en fait des skinheads.
B - Des salutations ?
K - Nous voulons vous remercier de la possibilité de cette interview. Nous saluons tous les Redskins de France, les communistes libertaires et les lecteurs du zine Barricata. La lutte continue!!! (en français dans le texte. Ndlr) Si vous êtes intéressés par notre zine, envoyez 5 Marks à Revolution Times (adresse ci-dessus) ou visitez notre site internet:http://www.partisan.net/inhalt.html
Je pense qu'après les guerres en Yougoslavie et en Tchétchénie, il y a grand besoin d'Internationalisme prolétarien, nos relations doivent s'inscrire comme telles. Nos positions doivent être anti-impérialistes, il faut se battre contre les relations capitalistes. La guerre de l'OTAN en Yougoslavie ne devrait pas être la dernière au nom des "droits de l'homme".
Il y a trois livres que je voudrais recommander aux lecteurs de Barricata. La Révolution Inconnue de Voline; Les Bolchéviks et le contrôle des travailleurs, Etat et contre-révolution de Maurice Britons; et Mai 68, subversion et offense.
Pas besoin de représentants ou de leaders, même "progressistes". Agissez et pensez par vous-même! Prenez le contrôle de vos vies. Il n'y a que vous pour vous rendre libre! L'auto-organisation est le chemin et le but de la Révolution socialiste internationale ! Votre combat est notre combat ! Stay rude, stay skinhead ! Salutations noires et rouges !!!
Tiré de Barricata n°4 (Mars 2000)
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