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mercredi 28 mars 2012

LE "DOCUMENT DE BOXHEIM" ET LA CREATION DES TROIS FLECHES

Cet article permet de compléter la base écrite que nous avions faite pour raconter l'histoire et la signification du symbole des trois flèches. Selon Serge Tchakhotine (le fondateur des trois flèches), dans son ouvrage « Le viol des foules par la propagande politique », le « Document de Boxheim » est le déclencheur de la guerre des symboles entre la croix gammée et les trois flèches, et le tournant de l'autodéfense prolétarienne armée. Cet article est écrit selon sa source: l'ouvrage de Tchakhotine en question.

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Vers la fin de l'année 1931, le peuple allemand frémit à la suite de la découverte, dans les environs de Darmstadt, d'un document qui est passé dans l'histoire sous le nom de « Document de Boxheim ».
C'était un programme que les nazis avaient l'intention d'appliquer lorsque leur parti serait arrivé au pouvoir. Un document sanglant, rempli de haine, de sentiments de vengeance et de menaces. Ce document ne prévoyait qu'une mesure de répression : le poteau d'exécution. Nous en citons quelques articles significatifs:

  • Tout décret de S.A (Sections d'Assaut du mouvement nazi), de l'armée territoriale... sera l'objet d'une obéissance immédiate, sans préjuger de la section de laquelle il provient. Toute opposition sera, en principe, punie de mort.

  • Toute arme à feu devra être remise aux S.A dans les 24 heures. Tout individu qui, ce délai expiré, serait trouvé en possession d'une arme à feu, sera considéré comme un ennemi du peuple allemand et des S.A, et fusillé sur le champ sans jugement.

  • Tout fonctionnaire et tout ouvrier employés au service des autorités ou attachés aux transports publics, devront de suite reprendre leur travail. Toute obstination et tout sabotage seront punis de mort. L'administration des S.A, représentée par moi (le chef local des S.A signant l'affiche), remplacera les autorités supérieures, les ministères.

  • Les mesures de nécessité urgente, prises par la direction des S.A, ont force de loi à compter du jour de leur publication par affiche. Toute violation de ces mesures sera, dans des cas particulièrement graves, punie de mort, en plus des autres peines fixées.

Une agitation énorme s'empara alors de toute l'Allemagne; la presse des partis de gauche et les organisations ouvrières étaient particulièrement révoltés, on entendait partout des propos furieux.
Cinq jours plus tard, en traversant un carrefour à Heidelberg, Serge Tchakhotine est frappé par une image. Au coin d'un mur était peinte une croix gammée, rayée par un gros trait de craie blanche. L'idée traversa comme un éclair, voilà l'une des solution pour faire face à la propagande nazie et s'emparer de sa propre arme psychologique: la sollicitation émotive des masses par des symboles.

Il s'avère qu'à l'origine de cette action visuelle et psychologique, c'est un ouvrier quelconque, impulsif et excité par l'affaire de Boxheim, qui, ne pouvant contenir son émotion, poussé à réagir, prit un morceau de craie ou de caillou, et barra l'odieux insigne de la croix gammée nazie. En la détruisant ainsi il donnait libre cours à sa haine accumulée et appelait à la reproduction du geste.
Son identité ne fut jamais révélée mais le geste évoque la « simple image d'un Soldat inconnu de notre grande armée ouvrière ».
C'est alors que Serge Tchakhotine dressa un plan simple et clair: il devait en être ainsi partout. Aucune croix gammée, dans toute l'Allemagne, ne devait être dorénavant épargnée; le symbole hitlérien qui agissait comme un moyen de déclenchement d'un réflexe conditionné, favorable à Hitler, devait servir à obtenir l'effet contraire. Désormais, il devait montrer l'esprit agressif , indomptable de ses adversaires: toutes les croix gammées biffées par une main invisible, brisées, devaient montrer la volonté d'une nouvelle force, celle de la classe ouvrière éveillée et surgissant de partout. Il s'agissait d'un nouveau réflexe conditionné enfoncé à grands coups dans l'esprit des masses.

Mais est-ce que cette solution était applicable à l'Allemagne entière ?
Le lendemain soir, Tchakhotine convoqua quelques jeunes ouvriers, militants de confiance; et leur exposa le projet et sa nécessité. Une guérilla de symboles éclata alors dans la ville. Toutes les nuits, les nouvelles croix gammées se faisaient recouvrir. Les jours et les nuits passaient, et au bout d'une semaine de lutte psychologique autour de la symbolique, on remarquait la proportion de croix gammées diminuer sur les murs et endroits publiques. D'abord lentement, d'une manière oscillante, puis toujours plus rapidement, jusqu'à ce qu'il n'y ai plus que, partout, des croix gammées barrées.
En trois semaines, la bataille fut gagnée. Les hitlériens épuisés et psychologiquement atteints abandonnèrent la partie.

Devant cette victoire visuelle et psychologique, un enthousiasme massif s'empara du mouvement ouvrier et des milieux populaires. La tâche était donc réalisable, le deuxième pas devait donc tenter de reproduire le geste et l'organisation dans toute l'Allemagne. Parallèlement, le symbole du trait évolua en trois flèches. Tout d'abord parce que le chiffre trois prend racine dans le domaine du subconscient, il joue un rôle considérable et prépondérant dans son efficacité psychologique en raison de sa fréquente apparition dans la vie humaine, dans les pensées, la vie intime, dans l'histoire. La répétition du signe du trait en trois devait provoquer moralement un renforcement de son efficacité pour ensuite souligner l'idée collective du mouvement. Le symbole devait susciter la dynamique et l'aspect offensif de la lutte de classe, l'excitation de la pulsion du combat au service de la puissance politique et intellectuelle, de la force économique et de la force physique. Le symbole souligna également alors par sa structure ternaire l'alliance entre les organisations ouvrières réunies dans le Front d'Airain: le Parti, les corporations syndicales et la Reichsbanner avec les organisations ouvrières sportives.

Les trois flèches en appellent donc aux trois qualités que l'on exige d'un combattant: l'activité, la discipline et l'union; le tout orienté politiquement contre le fascisme.
Enfin, le symbole des trois flèches était si facile à reproduire qu'un enfant de bas age pouvait le dessiner par simple mimétisme. Graphiquement c'est un symbole qui ne peut être détruit car on ne peut superposer un symbole sur les trois flèches. L'impression de perspective dans la superposition maintient visuellement la prépondérance des trois flèches.

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Extrait du site: Redskins Limoges

    dimanche 30 octobre 2011

    LES TROIS FLECHES ANTIFASCISTES

    Clarifications et précisions concernant l'histoire et notre utilisation des trois flèches


    Les trois flèches sont un des symboles que nous arborons sur notre site et dans la rue. Des camarades nous ont fait remarquer à plusieurs reprises que nous arborions un « symbole de la SFIO » et donc en profitent pour nous qualifier de « sociaux-démocrates ». Nous n'entendons pas nous justifier de l’utilisation des trois flèches par le présent article, mais apporter quelques précisions et quelques pistes de réflexion. Nous entendons dépasser et dénoncer le jugement manichéen des gauchistes : « méchant » ou « gentil », qui va de pair avec le jugement avant-gardiste qui attribue bons et mauvais points à tout va, tout en méconnaissant les contextes et l’histoire.


    Quelques points historiques et de contexte.

    La grande famille du Socialisme se divise en plusieurs petites familles rassemblées autour de stratégies différentes pour arriver à la destruction du capitalisme et instaurer le socialisme et l'émancipation individuelle et collective du peuple. Deux grands groupes se font alors face : les « révolutionnaires » et les « réformistes » (nous nous attacherons d'abord à ces derniers).

    Bien loin du cliché d'aujourd'hui où chacun qualifie de « réformiste » tout ce qui est plus modéré que ce qu'il pense, le réformisme historique est un véritable courant socialiste de transformation sociale et d'inspiration marxiste. Il a pour stratégie le passage au socialisme par étapes et dans un processus pacifique. Il entend ainsi éviter un affrontement avec la bourgeoisie. Cette vision de la construction du socialisme par étape a conduit les réformistes à privilégier la conquête des institutions, celles-ci devant se mettre au service de réformes destinées à réduire le pouvoir de la bourgeoisie au profit du prolétariat.
    C'est pourquoi les partis et organisations se définissant aujourd'hui comme « révolutionnaires », « anticapitalistes », ou encore « d'extrême-gauche », mais qui en même temps se présentent sur une quelconque liste pour des élections, à commencer par l'échelle locale ou municipale, ne sont en aucun cas « révolutionnaires » : ils sont réformistes, au sens historique du terme. Le réformisme a échoué par son manque d'action pour faire naitre une contre-société prolétarienne. Pire, plus il s'est engouffré dans la collaboration avec la bourgeoisie libérale sur le plan institutionnel pour des alliances contre des forces plus réactionnaires sur le même échiquier, et plus son « socialisme » s'est transformé en libéralisme, pour tenter de créer un « capitalisme à visage humain ». C'est le cas aujourd'hui de tous les « partis socialistes » européens.

    La vraie crise du réformisme intervient d'ailleurs en 1973 avec le coup d'Etat de Pinochet au Chili. Le président Salvador Allende et son parti socialiste authentiquement réformiste pensaient abattre le capitalisme par une succession de réformes mises en œuvre par l'Etat et appuyées par le peuple. Lors du coup d'Etat militaire, le gouvernement refusa de donner les armes au peuple et condamna ainsi son régime, et son peuple, au massacre et à la dictature.

    Opposés à la stratégie réformiste, les « révolutionnaires », qui sont eux-mêmes divisés en plusieurs groupes selon deux configurations stratégiques et organiques : les révolutionnaires d'organisations politiques - partis (marxistes, libertaires) et les syndicalistes révolutionnaires (dont les Redskins Limoges se sentent les plus proches).

    Création du symbole des trois flèches

    Origine

    Revenons donc à nos trois flèches. Même si on ne sait pas précisément d'où elles viennent, Serge Tchakhotine en a revendiqué la paternité. Ce menchevique (marxiste-réformiste russe) s'exile de Russie vers l'Allemagne suite à la prise du pouvoir par les bolchéviques (léninistes - révolutionnaires de parti). Membre du SPD (Parti Social-Démocrate Allemand), il en devient vite le théoricien pour ce qui est de la psychologie de masse. Il tient aussi ce rôle au sein de la classe ouvrière elle-même, car le SPD bien que réformiste était un authentique parti ouvrier. Il est le premier dans cette théorie à étudier et analyser le choc et l'influence psychologique que le nazisme a sur les masses via la symbolique (issue notamment des mythologies guerrières germanique, scandinave et romaine).
    Évidemment, avant lui, des expériences similaires ont déjà été pratiquées au sein du mouvement ouvrier (notamment en Italie contre les fascistes de Mussolini). Des groupes prolétariens armés, les « Arditi del popolo », ont utilisé une symbolique ouvrière guerrière comme leur symbole de tête de mort ornée d'une couronne de laurier et le glaive rougeoyant entre les dents (symbole que nous avons également repris).

    Serge Tchakhotine est donc l'un des initiateurs de la propagande moderne dans un contexte très tendu de guerre idéologique entre révolutions socialistes et réactions fascistes.
    A partir du début des années 1920, l'Allemagne est plongée au cœur de la propagande nazie, copiée sur le modèle fasciste italien. Cette nouvelle propagande, issue du mouvement artistique « futuriste » italien, frappe les sens et empêche la réflexion critique d'individus immergés dans une symbolique paramilitaire (uniformes, défilés, drapeaux, hymnes, propagande guerrière antique...).
    Tchakhotine est convaincu que si le prolétariat veut assurer la victoire finale contre le capital et son bras armé fasciste, il faut contrer Hitler et les nazis sur leur propre terrain : la sollicitation émotive des masses. C'est là que des symboles sont créés pour contrer les croix gammées et les autres symboles ésotériques nazis. Les trois flèches deviennent le plus populaire d'entre eux, car elles forment un symbole simple à faire, en ayant vocation à barrer de trois traits sur les murs la propagande nazie.
    Dans le même élan, le SPD et le KPD (Parti Communiste Allemand) créent leurs propres organisations ouvrières d'autodéfense armée et paramilitaires : la Reichbanner et le Rotefrontkampferbund (« front de combat rouge ») comprenant de multiples sections locales et régionales coordonnées, comme le « Front d'Airain », pour se protéger des agressions.

    C’est un succès immédiat. Les nazis commencent à subir des raclées dans les rues, les locaux syndicaux et prolétariens défendent chèrement leur peau face à leurs assaillants. Mais le Parti Social-Démocrate, bien qu'engagé sur ce terrain armé, maintient en parallèle sa vision réformiste malgré la situation grave qui est en train de se jouer. Les dirigeants refusent d'appliquer à l'échelle du parti les procédés de contre-propagande conseillés par Tchakhotine, isolant petit à petit les groupes ouvriers qui se battent dans la rue et laissant la victoire au nazisme mieux structuré et plus convaincu qu'une fois que les rues sont contrôlées c'est toute la société qui l'est.
    Tchakhotine organisa avec ses propres ressources, contre l'avis de son parti, la propagande dans certaines régions d'Allemagne ; c'est là où les trois flèches furent les plus utilisées, par des sections dissidentes du SPD partisanes des conseils de Tchakhotine et de l'action armée. Comme il y avait encore en parallèle des élections, ce sont ces régions où le SPD fut largement devant le NSDAP (Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands).
    Les trois flèches, devenues populaires dans le combat antifasciste, furent alors reprises et généralisées par le SPD pour maintenir les sections « opposantes » (celles fidèles aux préceptes de Tchakhotine) au sein du parti.

    La signification

    Bien que créées par un social-démocrate, les trois flèches n'ont pas été LE symbole de la social-démocratie, elles ont été imaginées pour pouvoir être utilisées massivement dans la rue par tout militant opposé au nazisme. Simples à faire et à comprendre, elles servaient à barrer rapidement la propagande nazie.
    Outre cette vocation, elles avaient un sens particulièrement psychologique : leur orientation allait d'en haut à droite frappant en bas à gauche. Tchakhotine voulut sans doute créer ce symbole pour montrer à la classe ouvrière, et au peuple en général, qu'un pouvoir supérieur au nazisme, plus organisé, plus discipliné, pouvait l'anéantir.
    Les trois flèches constituent donc un symbole guerrier marquant un combat frontal et violent, loin de l'image pacifiste du réformisme. On peut aussi y associer des mots d'ordres ternaires comme « Pain, Paix, Liberté », ou alors souvent arboré « Unité, Activité, Discipline », ou encore aujourd'hui avec notre mouvance « Liberté, Egalité, Solidarité ».

    Malgré l'éloignement de Tchakhotine, dénonçant la passivité de la direction devant les évènements, le SPD s'est réapproprié le logo des trois flèches sur des affiches de propagande électorale, dont une célèbre où l'on voit une flèche frappant la royauté et l'empire, la deuxième le nazisme, et la troisième le marxisme-léninisme (plus exactement le stalinisme, même si le symbole marteau-faucille arboré n'est pas le symbole de Staline). Car il faut rappeler que Staline était alors à ce moment bien installé sur son trône autoritaire.

    Concernant la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière)

    A propos de la SFIO maintenant, qui arbora également les trois flèches dans les années 30 via les exilés socialistes et communistes allemands. Il faut savoir que ce n'est pas non plus la tendance la plus modérée de la SFIO qui importe et diffuse ce logo, mais la plus radicale, celle qui se définit comme marxiste mais anti-stalinienne.

    Tchakhotine, après avoir quitté l'Allemagne, s'exile au Danemark, puis arrive en France au printemps 1934 où il adhère à la SFIO, dans la fédération de la Seine. C’est là qu’il rencontre Marceau Pivert et ses militants qui forment la tendance la plus radicale au sein de la SFIO. Ces derniers deviennent très vite adeptes des conceptions de Tchakhotine concernant l'autodéfense armée pour le prolétariat. La SFIO, très majoritairement réformiste, est mise devant le fait accompli suite à l'émeute fasciste de février 1934. Les pivertistes poussent à la création de milices ouvrières de défense et de services d'ordre armés. Les TPPS (« Toujours Prêts Pour Servir ») voient le jour suite à ça, ne respectant pas les directives du parti et se chargeant de nettoyer le département en attaquant les meetings, les défilés et les apparitions publiques de l'extrême-droite, aux côtés des jeunesses communistes et des militants de la CGTU. C'est d'ailleurs ce qui concrétisera en partie le rassemblement des différentes forces de gauche, en 1936, impulsé par les sections jeunes activistes antifascistes des différentes organisations se retrouvant lors d'actions coups de poing.

    Le logo des trois flèches se généralise donc dans et par la Fédération de la Seine, qui signe avec ce symbole les affiches et les tracts sous influence de Marceau Pivert. Ce dernier crée en 1935 la tendance « Gauche Révolutionnaire » à l'intérieur de la SFIO et est élu dirigeant de la fédération départementale. Les trois flèches deviennent en France le symbole de la tendance pivertiste. Celui-ci dénonce la stratégie électorale du Front Populaire et préconise un Front fondé sur le combat social et les organisations ouvrières.
    Suite à la victoire du Front Populaire en juin 1936, il exhorte Blum à rompre avec le capitalisme, mais ce dernier, réformiste, est méfiant vis-à-vis du monde ouvrier et de cette grève générale qui est en train de l'obliger à prendre directement les mesures sociales d'exception promises lors de sa campagne.

    Déçu par la politique trop modérée de Blum, Marceau Pivert rompt avec la SFIO en 1937 et crée le PSOP (Parti Socialiste Ouvrier-Paysan). On peut trouver une certaine ressemblance avec le BOC catalan (Bloc Obrer y Campesino – Bloc Ouvrier et Paysan) créé par les Comités Syndicalistes Révolutionnaires espagnols, qui donnera le POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista – Parti Ouvrier d'Unification Marxiste). D'ailleurs, beaucoup de militants du POUM exilés d'Espagne suite à la défaite contre les franquistes rejoindront en France le PSOP de Pivert qui oscille entre marxisme anti-autoritaire et réformisme radical (sans compromis). Le parti sera interdit et dissout sous le régime collaborationniste de Vichy en 1940.

    Notre utilisation aujourd'hui

    Après ce petit côté historique des trois flèches, nous en arrivons donc à notre utilisation aujourd'hui.
    Tout d'abord, les Redskins Limoges sont d'orientation révolutionnaire et anti-autoritaires. Seulement « d'orientation », parce que nous ne nous considérons pas comme une fin en soi. Nous n'avons pas la prétention comme d'autres collectifs ou groupes antifascistes de se revendiquer « anticapitalistes », tout simplement parce que ce n'est pas notre rôle.
    Etre « anticapitalistes », c'est être organisés dans une structure de classe qui peut assumer et assurer la lutte de classes au quotidien avec comme objectif la destruction du capitalisme. Nous ne sommes qu'une petite structure informelle et activiste temporaire, notre but étant au travers de notre engagement dans les organisations de classe, de gagner celles-ci à la nécessité de s'organiser en force de combat massive antifasciste et de classe.
    Nous nous sommes réappropriés le logo guerrier des trois flèches, non pas pour saluer les idées social-démocrates de Tchakhotine, mais pour saluer ses initiatives dans le domaine de l'autodéfense prolétarienne, parce qu'il est le premier à l'avoir structurée et propagée massivement. Nous revendiquons cet héritage des Arditi del Popolo et des formations prolétariennes d'autodéfense contre le fascisme et le capital ; il est donc important pour nous que les trois flèches ne tombent pas dans l'oubli et ne soient pas uniquement vues par l'apport réformiste de l'organisation qui se les est appropriées. Les trois flèches sont en dehors de l'idéologie de celui qui les a créées, un moyen simple, rapide et efficace de contrer la propagande fasciste et réactionnaire dans les rues.

    De plus, les sections redskins/RASH qui utilisent le plus ce symbole aujourd'hui sont le RASH Bogota et le RASH Roma, largement composées de militant-e-s léninistes et marxistes-léninistes, c'est à dire opposé-e-s à la stratégie social-démocrate. On ne peut donc comparer l'utilisation des trois flèches aujourd'hui à de la propagande SFIO ou « social-démocrate ». Ces organisations se les sont appropriées à une époque donnée, les trois flèches sont tombées dans l'oubli, à nous aujourd'hui de les remettre au devant de la scène avec nos propres valeurs suivant les conseils de Tchakhotine en matière d'antifascisme.

    Issu du site des Redskins Limoges


    mercredi 20 juillet 2011

    ANTIFA CHASSEURS DE SKINS - DOCUMENTAIRE




    Date: 2009

    Réalisé par: Marc-Aurèle Vecchione  

    Résumé: Paris début 80 le mouvement Skinhead arrive en France, et s'apprête à défrayer la chronique pour la décennie à suivre, à coup de provocations et de crimes racistes. Des bandes se forment et se lancent dans une véritable guérilla urbaine pour contrer l’offensive fasciste.
    Ils sont les Red Warriors, les Ducky Boys ou les Ruddy Fox. Les jeunes parisiens vont les surnommer « chasseurs de skin ». Leur motivation : combattre le fascisme et les actes racistes par tous les moyens nécessaires quitte à retourner contre leurs adversaires la violence qu’ils emploient. ANTIFA est non seulement l’histoire d’une culture, le mouvement skinhead mais aussi l’histoire des bandes qui ont créé un antifascisme autonome, urbain et ultra violent aujourd’hui reconnu partout en Europe. À travers des interviews exclusives, les membres des principales bandes antifa reviennent sur leur engagement et livrent leur témoignage sur la situation de la jeunesse des rues 20 ans auparavant. À l’aide d'archives exceptionnelles "ANTIFA » porte un regard sur une période charnière, celle d’une génération entre la fin du rock et le début du rap, dont les maux étaient déjà annonciateurs des tentions urbaines d'aujourd'hui.

    Avis personnel: Malgré son titre qui peux prêter à confusion, mais qui s'explique par le fait qu'à l'époque en France la plupart des gens qui se revendiquaient alors "skinheads" étaient en fait bonheads, ce documentaire explique parfaitement la naissance du mouvement redskin en leur laissant la parole. Bien que les faits furent sans doute quelques peu enjolivés, nous pouvons remercier ces quelques individus qui ont fait changer la peur de camp, et qui donnèrent naissance au mouvement redskin international qui se rattacha peu à peu à la culture skinhead.

    lundi 9 mai 2011

    LE MOUVEMENT REDSKIN FRANCAIS


    Le mouvement Redskin n'est pas le SCALP et le SCALP n'est pas le mouvement Redskin. Néanmoins les deux partagent des valeurs communes. Il nous parait utile de parler de ce mouvement qui représente une contre-culture, une partie de nos idées, un mouvement toujours vivant, jamais vaincu.

    LE MOUVEMENT REDSKIN


    (Dossier paru sur le site des Partisans, groupe de musique).
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    Afin de compléter l’article sur les red warriors et les chasseurs de skins en général, voici un texte expliquant le mouvement Redskin en France, avec en parallèle les scènes musicales militantes, courants, groupes et zines côtoyés ou impulsés par ce mouv’
    La France : une situation particulière
    Le mouvement redskin français (le premier à exister de manière spécifique au niveau international) est né dans des conditions particulières autour des années 1984/86. D'un côté, une situation économique et politique extrêmement dure, caractérisée par un chômage massif, le début de politiques néo-libérales et qui voit l'installation en France d'un très grand mouvement d'extrême droite représenté par le Front National. De l'autre, l'émergence d'un mouvement culturel : l'alternatif (mélange de punk rock en français, de contestation politique, et de brassage des cultures).
    Fanzines de l'époque
    • - Red Aktion
    • - Rude Boy (la grande classe! Un seul numéro paru. Imprimé, deux couleurs)
    • - Contre (revue autonome, dont certain reds étaient proche)
    • - Réflexes (journal du SCALP)
    • - Apache (SCALP Paris)
    Groupes français les plus populaires chez les redskins
    • - Nuclear Device (reggae-rock clashien)
    • - Kortatu (punk rock/ska basque)
    • - Babylone Fighters (reggae urbain de Saint-Etienne)
    • - Camera Silens (les seuls à nous rappeller les Redskins)
    • - Les Kamioners Du Suicide (reggae-punk ultra gauche)
    • - Laid Thénardiers (musique très personnelle, et textes tendance autonome)
    • - Béruriers Noirs
    Une culture urbaine à part
    Les premiers redskins français ne sont pas du tout issus du mouvement skinhead et de sa culture. A cette époque, la quasi totalité des skinheads en France sont soit fascistes, soit apolitiques. Ils traînent dans les concerts punks et les squats pour y mettre la zone, attaquent des clochards dans la rue, s'en prennent aux immigrés, dépouillent les gamins dans le métro. Ils font la Une des journaux, des magazines de télé, ils paradent dans les manifs. Autour des Béruriers Noirs se crée alors une sorte de Service d'Ordre, qui se charge de protéger les concerts et d'empêcher les fafs de rentrer. C'est la naissance de la première bande importante de redskins, les Red Warriors et aussi les premiers "chasseurs" de fafs parisiens. Auparavant quelques individus isolés avaient entendu parlé des Redskins (le groupe anglais), et séduits par l'alliance du look prolo/baston des skins et des idées d'extrême gauche, avaient fait un peu le même chemin. Les Red Warriors (avec d'autres) vont se charger de faire changer la peur de camp. Trois ans plus tard, il n'y a plus personne à Paris du moins, pour se montrer avec un drapeau français sur le bomber. Cette victoire n'est évidemment pas l'oeuvre des Red Wawa tous seuls, mais de la multiplication des ripostes, de la lassitude des "vieux" fafs, de l'abandon de certains qui se rendent compte qu'ils ont été manipulés par des politicards et que le fascisme ne mène nulle part... Les Red Warriors auront néanmoins été le déclencheur d'une certaine façon d'envisager l'antifascisme radical, en lien avec la situation concrète de l'époque. Plusieurs bandes se sont formées, plus ou moins mythiques comme les Red Ants, les Lénine Killers, la Red Action Skinhead et à Marseille la Massilia Red Army. Elles auront donné naissance à un phénomène bien moins intéressant, celui des "chasseurs" de skins. Si certaines bandes comme les Ducky Boys ont une éthique et des règles de conduite, d'autres ne seront que des semeurs d'embrouilles qu'il sera aussi dangereux de croiser que les fafs quelques années plus tôt. Cette logique de territoire, de gangs, de baston pour la baston, ne prendra heureusement pas l'ampleur qu'elle a encore aujourd'hui aux USA.
    La culture de ce mouvement est variée : au niveau musical oï, punk alternatif, reggae, mais aussi psychobilly ou encore hip-hop. D'une certaine manière, les redskins sont "l'avant-garde" la plus décidée à l'intérieur de l'alternatif contre le fascisme et le racisme. La musique est secondaire. Le seul groupe à faire l'unanimité sera bien évidemment The Redskins, le groupe de power-soul trotskiste (Socialist Worker Party) britannique. Politiquement aussi, il n'y a pas d'unité : certains sont trotskistes tendance OCI ou LCR, d'autres PCF, les plus nombreux de sensibilité libertaire ou encore autonome. Le SCALP (section carrément anti Le Pen), groupe libertaire non dogmatique et ultra activiste, attirera à lui l'essentiel de l'engagement politique des redskins de l'époque. Enfin, au niveau du look, les redskins cultivent un savant mélange d'éléments empruntés aux skins (bombers, docs), aux psychos (brosses flat top, bandana), et aux premiers B.Boys (pantalons larges, baskets..). Le tout agrémenté de symboles indiens (boucles de ceinture, bagues de combat, tee-shirt des Washington Redskins...) et de folklore prolo (pull camionneur, bleu de travail). Certains aussi s'empareront de la mode du bomber retourné côté orange lancée par le groupe anglais, mais pas tous (trop voyant? trop disco?).
    C'est donc au départ, un mouvement culturel ouvert, qui ne cherche pas à se différencier du reste de l'underground de l'époque, mais qui exprime un antifascisme viscéral et énergique, dans la rue et les concerts.
    1989 : le retour aux sources 
    Fin de l'alternatif
    Avec le recul de la présence des fachos dans la rue, la raison d'être des redskins est presque devenue caduque. Le fascisme s'institutionnalise, tente de se montrer plus présentable (rupture plus ou moins réelle avec les éléments les plus nazis dont les skins), et c'est au tour des partis de prendre la mesure du phénomène et de commencer à proposer des "solutions" sur un terrain plus large. En 1989, c'est aussi la fin de pas mal de groupes qui tiraient la scène alternative comme Nuclear Device, les Brigades, bientôt Kortatu et les Bérus. Certains redskins abandonnent, et d'autres, commencent à (re)découvrir les vrai racines du mouvement skinhead : le reggae, le rock-steady, le ska, le mélange culturel de l'Angleterre des années soixante.

    Fanzines
    • - Rude Force (édité par la Rude Boy Connexion de Marseille et des membres de la Massilia Red Army. Un seul numéro)
    • - K.O!K.O! "musique et combat internationaliste" (édité par le Red Boy Syndicate de Lyon et non Marseille, comme tendrait à le faire croire l'adresse. Ouvert musicalement. Tendance trotskiste- deux numéros)
    • - International Street Feeling (du Mans. Superbe nom deux numéros)
    • - Red Power (édité pat la Nouvelle Action Communiste Révolutionnaire de Pau. Trotskiste. Un ton agressif trempé dans une vision hard-core old-school du socialisme. 10 numéros au moins. En sommeil pour l'instant, mais toujours tapi dans l'ombre de la scène underground)
    • - L'Ennemi (bulletin d'info de Pau. Petit frère du précedent. Même humour, même ton. No surrender!)
    Car 89, c'est aussi le boom du deuxième revival ska (Unicorn records, ska allemand -Skaos-et américain-Toasters. C'est le retour des Original Skins, Trojans Skins en France. Le SHARP aussi commence à faire parler de lui. Les redskins les plus attachés à cette culture deviennent alors des red skinheads, c'est à dire des skinheads authentiques (musique, look...) mais toujours attachés aux valeurs de la gauche et de l'extrême gauche. Ils y gagnent en "crédibilité" vis à vis des autres skins (apolitiques...) mais y perdent sûrement en originalité, ratant ainsi l'occasion de développer une véritable culture de jeunes, consciente politiquement, capable de faire la jonction avec les jeunes immigrés des quartiers difficiles. Le repli sur une culture datée des années soixante (soul, ska, reggae) et fin soixante-dix (street-punk et oï), ramène à mon avis le mouvement skin/redskins au rang de mode nostalgique un peu comme celle des rockab, des mods, ou des punks à crête et l'isole des cultures rebelles actuelles (rap, ragga, jungle voir hard-core).

    Groupes
    • - Mors Aux Dents (skinheads communistes de la banlieue de Biarritz. Des précurseurs (1986). Oï de la mort!
    • - Rue Raïa (punk/oï)
    Renouveau redskin
    L'internationale red
    A partir de la fin des années 80, dans le sillage de l'Anti Racist Action américaine, le mouvement redskin se développe aux Etats-unis mais aussi en Espagne (grâce à l'héritage de Kortatu), en Italie, en Allemagne, au Mexique, en Colombie ou encore au Québec. Le RASH est né (red and anarchist skin heads). Il donne un nouveau souffle à la culture redskin, la popularise, la structure d'une certaine manière, sans pour autant la stéréotyper. Des différences continuent d'exister entre les différents mouvements nationaux, qui sont dues à leurs histoires respectives. En Espagne et en Amérique latine (et dans une certaine mesure aux USA), les reds sont plus proches de l'esprit des premiers redskins français (multi culturalité), plus ouverts musicalement, et politiquement. En Allemagne, ils font partie intégrante de la scène skinhead, sont plus orientés oï et ska et sont proches de l'étrange tradition politique autonome/stal allemande. En France, aujourd'hui, les deux traditions cohabitent.
    Fanzines de l'époque
    • - Sang-Mêlé (édité par les Prolo Boys and Girls de Lyon. Tendance trotskiste new-school -ah, ah, ah- non dogmatique. Deux numéros)
    • - S.T.O.R.M. (fusion de Red Power, l'Ennemi et d'autres. trois numéros)
    Quant à l'Angleterre, berceau de la culture tondue, la situation est très particulière. Les skins sont une véritable "institution" working class, d'une certaine manière apolitique (je sais, certains veulent faire croire que dés le début le mouvement était conscient de son appartenance à la classe ouvrière de manière militante, "à gauche". je pense que c'est faux) et dès le début, leurs opinions politiques ont été très diverses, en fonction du quartier, de la tradition familiale... Les skinheads de gauche n'ont pas eu à se différencier (musique, fringues...) des boneheads de droite, la question ne se posait pas en ces termes. Les plus militants des "reds" anglais sont regroupés autour de la Red Action (groupe communiste dissident du SWP) et de l'Anti Fascist Action et leur journal Fighting Talk.

    Groupes
    • - Les Partisans
    Renouveau redskin
    Vers une nouvelle génération?
    Depuis trois ou quatre ans, dans le sillage du revival punk/oï et punk-rock français, et grâce à l'essor perpétuel du ska et du reggae, de jeunes redskins prennent la relève. Très actifs et mieux organisés que leurs aînés, les redskins d'aujourd'hui savent mieux se faire entendre et défendre leur identité. Mais ils se cantonnent à la scène punk, alors que le défi serait peut-être de savoir créer des liens avec la jeunesse immigrée au travers de la culture hip-hop ou reggae. Mais les choses évoluent vite, les scènes se décloisonnent et la jeunesse d'aujourd'hui semble plus ouverte que la précédente. L'essentiel étant de rester "à l'affût".
    Fanzines
    • - Résistance (Toulouse. Libertaires/JRE. Quatre numéros je crois. R.I.P)
    • - Unity Rockers (de Paris. Pleins d'infos, tenace et régulier. Lâchez pas l'affaire!)
    • - Barricata (communistes libertaires tendance CNT. Organe de combat de la section RASH de Paris. Proche des Brigada Flores Magon. Des articles politiques, de la musique, un bon mix)
    • - Gun's Fever (Angers. Plus orienté musique, mais clairement red)
    • - Le Gavroche (idem)
    Groupes
    • - Brigada Flores Magon (street-punk/oï de Paris. Cénétistes (militants à la CNT) notoires, avec un ex-Red Wawa, Julien)
    • - Kerhun (Oï troskiste tendance Parti des Travailleurs)reds.jpg

      Article Trouvé sur le site du SCALP 87 .