lundi 9 mai 2011

LE MOUVEMENT REDSKIN FRANCAIS


Le mouvement Redskin n'est pas le SCALP et le SCALP n'est pas le mouvement Redskin. Néanmoins les deux partagent des valeurs communes. Il nous parait utile de parler de ce mouvement qui représente une contre-culture, une partie de nos idées, un mouvement toujours vivant, jamais vaincu.

LE MOUVEMENT REDSKIN


(Dossier paru sur le site des Partisans, groupe de musique).
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Afin de compléter l’article sur les red warriors et les chasseurs de skins en général, voici un texte expliquant le mouvement Redskin en France, avec en parallèle les scènes musicales militantes, courants, groupes et zines côtoyés ou impulsés par ce mouv’
La France : une situation particulière
Le mouvement redskin français (le premier à exister de manière spécifique au niveau international) est né dans des conditions particulières autour des années 1984/86. D'un côté, une situation économique et politique extrêmement dure, caractérisée par un chômage massif, le début de politiques néo-libérales et qui voit l'installation en France d'un très grand mouvement d'extrême droite représenté par le Front National. De l'autre, l'émergence d'un mouvement culturel : l'alternatif (mélange de punk rock en français, de contestation politique, et de brassage des cultures).
Fanzines de l'époque
  • - Red Aktion
  • - Rude Boy (la grande classe! Un seul numéro paru. Imprimé, deux couleurs)
  • - Contre (revue autonome, dont certain reds étaient proche)
  • - Réflexes (journal du SCALP)
  • - Apache (SCALP Paris)
Groupes français les plus populaires chez les redskins
  • - Nuclear Device (reggae-rock clashien)
  • - Kortatu (punk rock/ska basque)
  • - Babylone Fighters (reggae urbain de Saint-Etienne)
  • - Camera Silens (les seuls à nous rappeller les Redskins)
  • - Les Kamioners Du Suicide (reggae-punk ultra gauche)
  • - Laid Thénardiers (musique très personnelle, et textes tendance autonome)
  • - Béruriers Noirs
Une culture urbaine à part
Les premiers redskins français ne sont pas du tout issus du mouvement skinhead et de sa culture. A cette époque, la quasi totalité des skinheads en France sont soit fascistes, soit apolitiques. Ils traînent dans les concerts punks et les squats pour y mettre la zone, attaquent des clochards dans la rue, s'en prennent aux immigrés, dépouillent les gamins dans le métro. Ils font la Une des journaux, des magazines de télé, ils paradent dans les manifs. Autour des Béruriers Noirs se crée alors une sorte de Service d'Ordre, qui se charge de protéger les concerts et d'empêcher les fafs de rentrer. C'est la naissance de la première bande importante de redskins, les Red Warriors et aussi les premiers "chasseurs" de fafs parisiens. Auparavant quelques individus isolés avaient entendu parlé des Redskins (le groupe anglais), et séduits par l'alliance du look prolo/baston des skins et des idées d'extrême gauche, avaient fait un peu le même chemin. Les Red Warriors (avec d'autres) vont se charger de faire changer la peur de camp. Trois ans plus tard, il n'y a plus personne à Paris du moins, pour se montrer avec un drapeau français sur le bomber. Cette victoire n'est évidemment pas l'oeuvre des Red Wawa tous seuls, mais de la multiplication des ripostes, de la lassitude des "vieux" fafs, de l'abandon de certains qui se rendent compte qu'ils ont été manipulés par des politicards et que le fascisme ne mène nulle part... Les Red Warriors auront néanmoins été le déclencheur d'une certaine façon d'envisager l'antifascisme radical, en lien avec la situation concrète de l'époque. Plusieurs bandes se sont formées, plus ou moins mythiques comme les Red Ants, les Lénine Killers, la Red Action Skinhead et à Marseille la Massilia Red Army. Elles auront donné naissance à un phénomène bien moins intéressant, celui des "chasseurs" de skins. Si certaines bandes comme les Ducky Boys ont une éthique et des règles de conduite, d'autres ne seront que des semeurs d'embrouilles qu'il sera aussi dangereux de croiser que les fafs quelques années plus tôt. Cette logique de territoire, de gangs, de baston pour la baston, ne prendra heureusement pas l'ampleur qu'elle a encore aujourd'hui aux USA.
La culture de ce mouvement est variée : au niveau musical oï, punk alternatif, reggae, mais aussi psychobilly ou encore hip-hop. D'une certaine manière, les redskins sont "l'avant-garde" la plus décidée à l'intérieur de l'alternatif contre le fascisme et le racisme. La musique est secondaire. Le seul groupe à faire l'unanimité sera bien évidemment The Redskins, le groupe de power-soul trotskiste (Socialist Worker Party) britannique. Politiquement aussi, il n'y a pas d'unité : certains sont trotskistes tendance OCI ou LCR, d'autres PCF, les plus nombreux de sensibilité libertaire ou encore autonome. Le SCALP (section carrément anti Le Pen), groupe libertaire non dogmatique et ultra activiste, attirera à lui l'essentiel de l'engagement politique des redskins de l'époque. Enfin, au niveau du look, les redskins cultivent un savant mélange d'éléments empruntés aux skins (bombers, docs), aux psychos (brosses flat top, bandana), et aux premiers B.Boys (pantalons larges, baskets..). Le tout agrémenté de symboles indiens (boucles de ceinture, bagues de combat, tee-shirt des Washington Redskins...) et de folklore prolo (pull camionneur, bleu de travail). Certains aussi s'empareront de la mode du bomber retourné côté orange lancée par le groupe anglais, mais pas tous (trop voyant? trop disco?).
C'est donc au départ, un mouvement culturel ouvert, qui ne cherche pas à se différencier du reste de l'underground de l'époque, mais qui exprime un antifascisme viscéral et énergique, dans la rue et les concerts.
1989 : le retour aux sources 
Fin de l'alternatif
Avec le recul de la présence des fachos dans la rue, la raison d'être des redskins est presque devenue caduque. Le fascisme s'institutionnalise, tente de se montrer plus présentable (rupture plus ou moins réelle avec les éléments les plus nazis dont les skins), et c'est au tour des partis de prendre la mesure du phénomène et de commencer à proposer des "solutions" sur un terrain plus large. En 1989, c'est aussi la fin de pas mal de groupes qui tiraient la scène alternative comme Nuclear Device, les Brigades, bientôt Kortatu et les Bérus. Certains redskins abandonnent, et d'autres, commencent à (re)découvrir les vrai racines du mouvement skinhead : le reggae, le rock-steady, le ska, le mélange culturel de l'Angleterre des années soixante.

Fanzines
  • - Rude Force (édité par la Rude Boy Connexion de Marseille et des membres de la Massilia Red Army. Un seul numéro)
  • - K.O!K.O! "musique et combat internationaliste" (édité par le Red Boy Syndicate de Lyon et non Marseille, comme tendrait à le faire croire l'adresse. Ouvert musicalement. Tendance trotskiste- deux numéros)
  • - International Street Feeling (du Mans. Superbe nom deux numéros)
  • - Red Power (édité pat la Nouvelle Action Communiste Révolutionnaire de Pau. Trotskiste. Un ton agressif trempé dans une vision hard-core old-school du socialisme. 10 numéros au moins. En sommeil pour l'instant, mais toujours tapi dans l'ombre de la scène underground)
  • - L'Ennemi (bulletin d'info de Pau. Petit frère du précedent. Même humour, même ton. No surrender!)
Car 89, c'est aussi le boom du deuxième revival ska (Unicorn records, ska allemand -Skaos-et américain-Toasters. C'est le retour des Original Skins, Trojans Skins en France. Le SHARP aussi commence à faire parler de lui. Les redskins les plus attachés à cette culture deviennent alors des red skinheads, c'est à dire des skinheads authentiques (musique, look...) mais toujours attachés aux valeurs de la gauche et de l'extrême gauche. Ils y gagnent en "crédibilité" vis à vis des autres skins (apolitiques...) mais y perdent sûrement en originalité, ratant ainsi l'occasion de développer une véritable culture de jeunes, consciente politiquement, capable de faire la jonction avec les jeunes immigrés des quartiers difficiles. Le repli sur une culture datée des années soixante (soul, ska, reggae) et fin soixante-dix (street-punk et oï), ramène à mon avis le mouvement skin/redskins au rang de mode nostalgique un peu comme celle des rockab, des mods, ou des punks à crête et l'isole des cultures rebelles actuelles (rap, ragga, jungle voir hard-core).

Groupes
  • - Mors Aux Dents (skinheads communistes de la banlieue de Biarritz. Des précurseurs (1986). Oï de la mort!
  • - Rue Raïa (punk/oï)
Renouveau redskin
L'internationale red
A partir de la fin des années 80, dans le sillage de l'Anti Racist Action américaine, le mouvement redskin se développe aux Etats-unis mais aussi en Espagne (grâce à l'héritage de Kortatu), en Italie, en Allemagne, au Mexique, en Colombie ou encore au Québec. Le RASH est né (red and anarchist skin heads). Il donne un nouveau souffle à la culture redskin, la popularise, la structure d'une certaine manière, sans pour autant la stéréotyper. Des différences continuent d'exister entre les différents mouvements nationaux, qui sont dues à leurs histoires respectives. En Espagne et en Amérique latine (et dans une certaine mesure aux USA), les reds sont plus proches de l'esprit des premiers redskins français (multi culturalité), plus ouverts musicalement, et politiquement. En Allemagne, ils font partie intégrante de la scène skinhead, sont plus orientés oï et ska et sont proches de l'étrange tradition politique autonome/stal allemande. En France, aujourd'hui, les deux traditions cohabitent.
Fanzines de l'époque
  • - Sang-Mêlé (édité par les Prolo Boys and Girls de Lyon. Tendance trotskiste new-school -ah, ah, ah- non dogmatique. Deux numéros)
  • - S.T.O.R.M. (fusion de Red Power, l'Ennemi et d'autres. trois numéros)
Quant à l'Angleterre, berceau de la culture tondue, la situation est très particulière. Les skins sont une véritable "institution" working class, d'une certaine manière apolitique (je sais, certains veulent faire croire que dés le début le mouvement était conscient de son appartenance à la classe ouvrière de manière militante, "à gauche". je pense que c'est faux) et dès le début, leurs opinions politiques ont été très diverses, en fonction du quartier, de la tradition familiale... Les skinheads de gauche n'ont pas eu à se différencier (musique, fringues...) des boneheads de droite, la question ne se posait pas en ces termes. Les plus militants des "reds" anglais sont regroupés autour de la Red Action (groupe communiste dissident du SWP) et de l'Anti Fascist Action et leur journal Fighting Talk.

Groupes
  • - Les Partisans
Renouveau redskin
Vers une nouvelle génération?
Depuis trois ou quatre ans, dans le sillage du revival punk/oï et punk-rock français, et grâce à l'essor perpétuel du ska et du reggae, de jeunes redskins prennent la relève. Très actifs et mieux organisés que leurs aînés, les redskins d'aujourd'hui savent mieux se faire entendre et défendre leur identité. Mais ils se cantonnent à la scène punk, alors que le défi serait peut-être de savoir créer des liens avec la jeunesse immigrée au travers de la culture hip-hop ou reggae. Mais les choses évoluent vite, les scènes se décloisonnent et la jeunesse d'aujourd'hui semble plus ouverte que la précédente. L'essentiel étant de rester "à l'affût".
Fanzines
  • - Résistance (Toulouse. Libertaires/JRE. Quatre numéros je crois. R.I.P)
  • - Unity Rockers (de Paris. Pleins d'infos, tenace et régulier. Lâchez pas l'affaire!)
  • - Barricata (communistes libertaires tendance CNT. Organe de combat de la section RASH de Paris. Proche des Brigada Flores Magon. Des articles politiques, de la musique, un bon mix)
  • - Gun's Fever (Angers. Plus orienté musique, mais clairement red)
  • - Le Gavroche (idem)
Groupes
  • - Brigada Flores Magon (street-punk/oï de Paris. Cénétistes (militants à la CNT) notoires, avec un ex-Red Wawa, Julien)
  • - Kerhun (Oï troskiste tendance Parti des Travailleurs)reds.jpg

    Article Trouvé sur le site du SCALP 87 .

dimanche 1 mai 2011

8 MAI 2011 : MANIFESTATION ANTIFASCISTE A PARIS

Depuis de trop nombreuses années, l'extrême droite radicale parisienne tente, avec plus ou moins de succès, de se réunir le 9 mai dans les rues de Paris, au prétexte de la mort d’un de ses militants en 1994. Depuis sept ans, nous nous mobilisons contre cette présence dans la rue.
De manifs en concerts, de rassemblements de solidarité internationale en défilés à la mémoire des résistants de la Seconde Guerre mondiale, nous avons affirmé une présence antifasciste dans les rues.
Comme rien n'est jamais gagné, cette année encore, nous serons présents le 9 mai pour signifier à l'extrême droite que, quel que soit son mode d'expression, par la rue ou par les urnes, nous serons toujours là pour l'empêcher d'agir.


jeudi 28 avril 2011

LOS FASTIDIOS - INTERVIEW

Los Fastidios pour notre deuxième fête, on y a vraiment pensé. Mais les camarades italiens seront en studio en Allemagne durant le mois de novembre. Alors, à défaut de les voir tout de suite, on se consolera en lisant cette petite interview que l’on doit à Arno Ska War/Bolchoi. Et puis, ce n’est que partie remise. Au mois d’avril prochain, Los Fastidios fait une tournée en France, ils passeront à Bordeaux, à Rennes et à Paris, très certainement les 12, 13 et 14 avril, à la demande expresse des sections RASH locales.

Barricata: Peux-tu nous faire un résumé rapide de l’évolution des Los Fastidios depuis 1991?
Enrico: Le groupe s’est formé à Vérone en 1991, à mon initiative. Dans la première formation (une démotape et deux eps), j’étais à la basse. Ma femme Alessia (qui travaille aujourd’hui dans le magasin et label KOB Records) et trois autres garçons jouaient avec moi. En 1995, ils ont quitté le groupe à cause des gros problèmes avec les fascistes (aggressions, menaces). Sebi et Mendez (guitare et basse de Derozer) sont arrivés, ainsi qu’Andrea (le batteur qui jouait avec nous depuis une année). Le groupe a commencé à bien travailler. On a fait beaucoup de concerts dans toute l’Europe, 2 albums, 3 Eps, beaucoup de participations à des compilations, etc.
Au bout de 6 ans, en 2001, nous avons décidé ensemble de changer la formation parce qu’aujourd’hui, il est vraiment difficile de s’occuper des deux groupes. Los Fastidios comme Derozer marchent très bien et ont beaucoup beaucoup d’engagements en Italie et à l’étranger. Depuis la mi-août, nouveau line-up, avec des membres des Oversight & Inerdzia (deux jeunes groupes de Padova).
La nouvelle formation, c’est donc: Enrico (voix), Paolo (guitare & choeurs), Filippo (guitare & choeurs), Eléna (basse & choeurs) et Giacomo (batterie & choeurs).
En ce moment, nous travaillons sur un album qui sortira en décembre 2001.

Barricata: Quel est ton bilan de 10 ans de Los Fastidios?
Enrico: Un excellent bilan. Quand j’ai commençé il y a 10 ans, je n’aurais jamais imaginé être encore ici aujourd’hui. Nous avons vécu des moments très difficiles, mais surtout des grosses satisfactions…Cette expérience a été vraiment importante dans ma vie. Il y a dix ans, en Italie, la scène street skinhead antifasciste ne représentait pas grand chose. Je pense que des groupes comme Los Fastidios ont contribué à réveiller le mouvement, qui aujourd’hui se porte bien. Je suis vraiment satisfait car notre musique et nos messages touchent un public plus jeune que dans le passé. Nous comptons beaucoup sur les nouvelles générations. Notre public est fantastique, et on s’est fait beaucoup d’amis. Il y a des gars qui font beaucoup de kilomètres pour nous suivre, et pour nous, tous les fans de Los Fastidios sont de la bande, ni plus ni moins que les autres membres. C’est une grande Brigata Fastidiosa internationale.
En ce qui concerne le bilan de notre production discographique, pour nous, c’est incroyable de penser que notre dernier album “Contiamo su di voi!” est arrivé à 8000 copies vendues!

Barricata: Vous êtes considéré comme un groupe streetpunk/oi, qu’en pensez-vous, quelle est votre relation à la culture skinhead?
Enrico: Nous définissons notre musique comme streetpunk/oi!
Par rapport à la question skinhead, moi je suis skinhead, comme Sebi (l’ancien guitariste), Paolo (le nouveau guitariste) et Elena (la bassiste) qui est une skingirl. Nous avons beaucoup de contacts et nous supportons beaucoup de groupes/colletifs S.h.a.r.p. et R.a.s.h. dans le monde.Notre public est composé pour une grande part de skins. Donc, il y a beaucoup de liens entre le monde skinhead et Los Fastidios. Seulement, nous défendons le vrai spirit skinhead: prolétaire, antiraciste et antifasciste.

Barricata: De quoi parlez vous dans vos chansons?
Enrico: De notre vie, de tout ce que nous faisons habituellement, des expériences les plus importantes comme les manifestations, la lutte contre le fascisme, le racisme et le capitalisme, le droit d’avoir des places libres comme les squats, les problèmes liés au travail, etc. jusqu’aux situations les plus légères comme les week-ends, le football, les scooters, etc.

Barricata: Cette scène est-elle développée en Italie? Vue de France, elle parait en pleine forme, avec des groupes comme FFD, Senza Sicura, Klasse kriminale...
Enrico: Oui, c’est une bonne période pour le mouvement punk & skin italien, il y a beaucoup be bons groupes, labels, fanzines. Il y a aussi beaucoup de concerts et le mouvement est plus uni que dans le passé.

Barricata: Quelles sont vos relations avec le reste de la scene Oi & Ska internationale?
Enrico: Nous avons beaucoup de contacts avec les groupes, les labels, les fanzines, les radios, etc. Nous avons joué avec beaucoup de oi! & ska bands et dans beaucoup de pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Pologne, la République Tchèque, la France, la Norvège. L’an passé, nous avons aussi joué au Canada.

Barricata: Vous êtes un groupe engagé, clairement antifasciste. Cet engagement militant va-t’il plus loin que la simple lutte antifasciste et antiraciste?
Enrico: Nous sommes très engagé dans la vie politique de nos villes respectives. Moi, je suis membre d’un colletif de Vérone qui s’appelle Porkospino et je collabore avec un squat de Vicenza (le Ya Basta). Depuis dix ans, Los Fastidios soutient les squats italiens, la cause zapatiste. Mais il est vrai que nous sommes surtout concentrés sur l’antifascisme et l’antiracisme parce que la région où nous habitons est infesté de boneheads et de fascistes.

Barricata: Quelle est votre analyse des récents événements de Gênes?
Enrico: J’étais à Gênes ces jours là. Des jours incroyables, des choses et des images que je n’aurais jamais pensé voir! Mais auxquelles nous pouvions pourtant nous attendre avec la police d’un gouvernement quasi fasciste comme celui d’aujourd’hui.

Barricata: Tu tiens un magasin de disque et tu as un label (KOB record). Les deux sont gérés de manière alternative, peux- tu nous expliquer exactement tes activités?
Enrico: J’ai décidé d’ouvrir mon magasin de disques (KOB Records – Kontro Ogni Barriera Records) en 1996 parce que je voulais qu’on puisse trouver dans ma ville de la musique oi!-punk-ska. Je voulais défendre ces genres de musique, c’est pour la même raison que j’ai décidé courant 1998 de créér aussi un label, qui porte le même nom que le magasin. Après 5 ans d’ouverture, le magasin marche bien. Avec mon label, on en est déjà à plus de 50 productions. Mais la plus grande satisfaction, c’est que beaucoup de jeunes ont eu la possibilité de s’intéresser à notre scène et d’apprendre ainsi que le punk n’a pas été inventé par les Green Day!!!

Barricata: Quelle est votre actualité?
Enrico: Nous serons en studio en novembre pour enregistrer le nouvel album qui sortira en décembre chez KOB Records et Mad Butcher Records en LP/CD et chez Rock’n’roller Records en cassette. Nous ferons des concerts en Suisse, Allemagne et Pologne. A partir de janvier débutera notre tour en Italie et dans toute l’Europe pour la promotion du nouvel album. En avril, nous serons en France, où nous avons beaucoup d’amis.

Barricata: Un mot de la fin, des salutations?
Enrico: Merci beaucoup pour cette interview. Un grand salut à toi et à tous les camarades français. On vous attend à nos concerts en France pour chanter, danser et boire ensemble. Hasta siempre!!!

Los Fastidios: biographie officielle

Los Fastidios est aujourd’hui un des groupes phares de la scène streetpunk européenne.
Nés à Vérone fin 1991, les Fastidios, dirigés par Enrico (fondateur du label italien KOB Records) sortent une cassette démo en 1992 puis s’imposent sur la scène avec leur premier single “Birra, Oi! E Divertimento”, EP épuisé en quelques mois seulement, avec lequel le groupe récolte un grand nombre de bonnes appréciations en Italie tout comme à l’étranger.
En octobre 1995, après la sortie du second EP “Banane e Scarponi”, Sebi et Mendez, déjà respectivement guitariste et bassiste du groupe Punk-Rock de Vicenza Derozer, intègrent Los Fastidios. Le groupe continue ainsi sa grande ascension dans le circuit streetpunk italien et étranger grâce notamment au premier album “Hasta la Baldoria” en 1996 (split divisé avec F.F.D. de Parme), au EP “Oi! Gio” en 1997, mais surtout grâce aux nombreux concerts effectués aussi bien Italie qu’en Europe.
En septembre 1998, c’est le deuxième album “Contiamo Su Di Voi!” qui voit le jour, produit par KOB Records en collaboration avec le label allemand Mad Butcher Records et le label polonais Rock’N’Roller. En moins de trois ans, “Contiamo su di voi!” s’est vendu à plus de 8000 exemplaires.
En l’an 2000, respectivement en janvier et en avril, sortent deux nouveaux singles: “Radio Boots” et “Fetter Skinhead”; ce dernier étant un split avec le groupe allemand Stage Bottles, dont Olaf, le saxophoniste est l’invité spécial sur un morceau des Fastidios. Durant la tournée européenne de Los Fastidios en 2000, Olaf fut même l’invité permanent sur scène.
En 2001, sort le CD “1991-2001, Ten years tattooed on my heart”, qui est un hommage aux dix années d’activité de Los Fastidios. Ce CD contient donc tous les singles du groupe, des morceaux sortis uniquement sur compilations, ainsi que deux titres live. Presque simultanément survient un important changement de formation avec l’arrivée dans le groupe de visages déjà connus de la scène européenne, puisqu’il s’agit de membres des deux groupes padouans Oversight et Inerdzia. Donc à partir de maintenant, Paolo (guitare/chant), Filippo (guitare/chant), Elena (basse/chant) et Giacomo (batterie/chant) vont jouer aux côtés d’Enrico (chant).

Ces dernières années, Los Fastidios a accompli de nombreuses tournées qui ont emmené ses membres à travers toute l’Italie, mais également en Allemagne, France, Norvège, Suisse, Autriche, République Tchèque, Pologne, et Canada, d’où ils n’ont rapporté que d’excellentes appréciations.
Le groupe a partagé l’affiche avec des groupes du calibre d’Angelic Upstarts, Red London, Business, UK Subs, DR Ring Ding, Klasse Kriminale, Zona A, Harries, Stage Bottles, 8°6 Crew, Ex-Cathedra….

Le son de Los Fastidios est un streetpunk mélodique puissant qui allie des sonorités Punk-Oi! anglaises classiques des 80’s à des rythmes skankants, le tout chanté en italien. Les textes parlent des situations de la rue les plus festives aux problèmes plus sérieux et engagés qui plongent dans le social, comme les luttes contre toutes formes de discrimination, pour les centres autogérés….
Durant ces dernières années, Los Fastidios a soutenu un grand nombre d’initiatives antiracistes et de causes sociales en participant à divers concerts avec des récoltes de fonds pour le Chiapas, pour les dockers de Liverpool, contre le racisme…


Tiré de Barricata n°8 (Février 2002)

dimanche 3 avril 2011

SKINHEAD ATTITUDE (2003) - DOCUMENTAIRE


Réalisé par : David Schweizer
Date : 2003
Genre : Documentaire
Synopsis : A travers l'histoire de Carole, jeune skingirl, le réalisateur tente de raconter la véritable histoire des skinheads.
Avis personnel : "Skinhead Attitude" est un des rares films existant sur la véritable histoire du mouvement. Ce film donne également la paroles à des personnes importantes de la scène telles que Roddy Moreno (The Oppressed), Jimmy Pursey (Sham 69) ou Laurel Aitken. Néanmoins, le réalisateur ne semble pas prendre position et le film me paraît encore trop centré sur les boneheads.