dimanche 29 avril 2012
mardi 17 avril 2012
mercredi 28 mars 2012
LE "DOCUMENT DE BOXHEIM" ET LA CREATION DES TROIS FLECHES
Cet article permet de compléter la base écrite que nous avions faite pour raconter l'histoire et la signification du symbole des trois flèches. Selon Serge Tchakhotine (le fondateur des trois flèches), dans son ouvrage « Le viol des foules par la propagande politique », le « Document de Boxheim » est le déclencheur de la guerre des symboles entre la croix gammée et les trois flèches, et le tournant de l'autodéfense prolétarienne armée. Cet article est écrit selon sa source: l'ouvrage de Tchakhotine en question.
Vers la fin de l'année 1931, le peuple allemand frémit à la suite de la découverte, dans les environs de Darmstadt, d'un document qui est passé dans l'histoire sous le nom de « Document de Boxheim ».
C'était un programme que les nazis avaient l'intention d'appliquer lorsque leur parti serait arrivé au pouvoir. Un document sanglant, rempli de haine, de sentiments de vengeance et de menaces. Ce document ne prévoyait qu'une mesure de répression : le poteau d'exécution. Nous en citons quelques articles significatifs:
- Tout décret de S.A (Sections d'Assaut du mouvement nazi), de l'armée territoriale... sera l'objet d'une obéissance immédiate, sans préjuger de la section de laquelle il provient. Toute opposition sera, en principe, punie de mort.
- Toute arme à feu devra être remise aux S.A dans les 24 heures. Tout individu qui, ce délai expiré, serait trouvé en possession d'une arme à feu, sera considéré comme un ennemi du peuple allemand et des S.A, et fusillé sur le champ sans jugement.
- Tout fonctionnaire et tout ouvrier employés au service des autorités ou attachés aux transports publics, devront de suite reprendre leur travail. Toute obstination et tout sabotage seront punis de mort. L'administration des S.A, représentée par moi (le chef local des S.A signant l'affiche), remplacera les autorités supérieures, les ministères.
- Les mesures de nécessité urgente, prises par la direction des S.A, ont force de loi à compter du jour de leur publication par affiche. Toute violation de ces mesures sera, dans des cas particulièrement graves, punie de mort, en plus des autres peines fixées.
Une agitation énorme s'empara alors de toute l'Allemagne; la presse des partis de gauche et les organisations ouvrières étaient particulièrement révoltés, on entendait partout des propos furieux.
Cinq jours plus tard, en traversant un carrefour à Heidelberg, Serge Tchakhotine est frappé par une image. Au coin d'un mur était peinte une croix gammée, rayée par un gros trait de craie blanche. L'idée traversa comme un éclair, voilà l'une des solution pour faire face à la propagande nazie et s'emparer de sa propre arme psychologique: la sollicitation émotive des masses par des symboles.
Il s'avère qu'à l'origine de cette action visuelle et psychologique, c'est un ouvrier quelconque, impulsif et excité par l'affaire de Boxheim, qui, ne pouvant contenir son émotion, poussé à réagir, prit un morceau de craie ou de caillou, et barra l'odieux insigne de la croix gammée nazie. En la détruisant ainsi il donnait libre cours à sa haine accumulée et appelait à la reproduction du geste.
Son identité ne fut jamais révélée mais le geste évoque la « simple image d'un Soldat inconnu de notre grande armée ouvrière ».
C'est alors que Serge Tchakhotine dressa un plan simple et clair: il devait en être ainsi partout. Aucune croix gammée, dans toute l'Allemagne, ne devait être dorénavant épargnée; le symbole hitlérien qui agissait comme un moyen de déclenchement d'un réflexe conditionné, favorable à Hitler, devait servir à obtenir l'effet contraire. Désormais, il devait montrer l'esprit agressif , indomptable de ses adversaires: toutes les croix gammées biffées par une main invisible, brisées, devaient montrer la volonté d'une nouvelle force, celle de la classe ouvrière éveillée et surgissant de partout. Il s'agissait d'un nouveau réflexe conditionné enfoncé à grands coups dans l'esprit des masses.
Mais est-ce que cette solution était applicable à l'Allemagne entière ?
Le lendemain soir, Tchakhotine convoqua quelques jeunes ouvriers, militants de confiance; et leur exposa le projet et sa nécessité. Une guérilla de symboles éclata alors dans la ville. Toutes les nuits, les nouvelles croix gammées se faisaient recouvrir. Les jours et les nuits passaient, et au bout d'une semaine de lutte psychologique autour de la symbolique, on remarquait la proportion de croix gammées diminuer sur les murs et endroits publiques. D'abord lentement, d'une manière oscillante, puis toujours plus rapidement, jusqu'à ce qu'il n'y ai plus que, partout, des croix gammées barrées.
En trois semaines, la bataille fut gagnée. Les hitlériens épuisés et psychologiquement atteints abandonnèrent la partie.
Devant cette victoire visuelle et psychologique, un enthousiasme massif s'empara du mouvement ouvrier et des milieux populaires. La tâche était donc réalisable, le deuxième pas devait donc tenter de reproduire le geste et l'organisation dans toute l'Allemagne. Parallèlement, le symbole du trait évolua en trois flèches. Tout d'abord parce que le chiffre trois prend racine dans le domaine du subconscient, il joue un rôle considérable et prépondérant dans son efficacité psychologique en raison de sa fréquente apparition dans la vie humaine, dans les pensées, la vie intime, dans l'histoire. La répétition du signe du trait en trois devait provoquer moralement un renforcement de son efficacité pour ensuite souligner l'idée collective du mouvement. Le symbole devait susciter la dynamique et l'aspect offensif de la lutte de classe, l'excitation de la pulsion du combat au service de la puissance politique et intellectuelle, de la force économique et de la force physique. Le symbole souligna également alors par sa structure ternaire l'alliance entre les organisations ouvrières réunies dans le Front d'Airain: le Parti, les corporations syndicales et la Reichsbanner avec les organisations ouvrières sportives.
Les trois flèches en appellent donc aux trois qualités que l'on exige d'un combattant: l'activité, la discipline et l'union; le tout orienté politiquement contre le fascisme.
Enfin, le symbole des trois flèches était si facile à reproduire qu'un enfant de bas age pouvait le dessiner par simple mimétisme. Graphiquement c'est un symbole qui ne peut être détruit car on ne peut superposer un symbole sur les trois flèches. L'impression de perspective dans la superposition maintient visuellement la prépondérance des trois flèches.
Extrait du site: Redskins Limoges
mercredi 14 mars 2012
TOULOUSE RESTE ANTIFA!
A Toulouse, une gangrène s’est installée au 36 allée de Barcelone. Prétextant l’ouverture d’une maison de « l’identité toulousaine » dénommée l’Oustal, le Bloc identitaire profite de l’occasion pour ouvrir sa succursale et s’implanter dans notre ville. Organisation d’extrême droite puante, ouvertement raciste, xénophobe, homophobe et sexiste, le Bloc identitaire s’est illustré par l’organisation de la « marche des cochons » pour dénoncer la présence de produits halal dans les commerces mais aussi par les apéros saucissons-pinards pour défendre leur vision de la France laïque. Toute leur agitation n’a qu’un seul but : stigmatiser quotidiennement les étranger-e-s et les immigré-e-s et distiller son racisme et sa xénophobie sous la forme de l’anti-islam et de l’ultra-nationalisme.
Au-delà de leurs idées nauséabondes, le Bloc est aussi un groupuscule violent. Dans les différentes villes où ces locaux se sont implantés, on a vu un renouveau de l’extrême droite. Le fait d’avoir un lieu de rassemblement attire tous les hooligans, les néo-nazis et autres nationalistes de la région ce qui se traduit par une augmentation de la violence et des agressions. Depuis deux ans, ils multiplient les attaques. Attaque du groupe ZEP à la fête de la musique, attaque de bars, menaces sur des militant-e-s associatif, syndicaux et politiques… ces petites terreurs cherchent à gagner le terrain de la rue alors que Toulouse est et restera une ville antifasciste.
Toulouse est une terre de lutte, et nous travailleur-euse-s, chômeueuse-s, exploité-e-s depuis tant de générations, nous ne sommes pas dupes ! Nous avons appris que depuis toujours les groupuscules fascistes sont liés aux classes dominantes et nous continuerons à nous battre pour chasser les fascistes hors de nos vies. C’est pourquoi nous appelons toutes et tous à s’unir et à démontrer que Toulouse ne leur appartiendra jamais.
Manifestation/Rassemblement
Samedi 17 mars à 14h
Place Arnaud Bernard
Samedi 17 mars à 14h
Place Arnaud Bernard
A l’appel de : AGET-FSE, AL, CNT, Coup Pour Coup 31, Déchoukaj, Libertat, OCML-VP, Sud Etudiant, UAT
lundi 27 février 2012
vendredi 17 février 2012
LE PEN: NI ICI NI AILLEURS!
Communiqué de presse de la RAFI - Résistance AntiFasciste de l'Indre
LE PEN : NI ICI, NI AILLEURS !
Avec d'autres organisations associatives, politiques et syndicales, la RAFI s'oppose à la venue de Le Pen à Déols.
Pour nous, il est indispensable de se mobiliser maintenant contre les idées liberticides et nauséabondes que porte le front national. Face à un parti qui prétend sortir de l'Europe et fermer les frontières pour répondre à la "crise", nous revendiquons la solidarité entre tous les peuples. Ce parti aboie contre le grand capital, mais pointe les immigrés comme seuls responsables de tous les maux de notre "société". C'est contre la misère et les injustices sociales engendrées par le capitalisme, qu'il faut lutter. Nous sommes pour des papiers, des droits au logement, au travail, à la justice, à l'éducation, à la santé, pour tous, sans discrimination aucune.
Non le FN n'est pas un parti comme les autres. La crise a déjà mené au fascisme.
Nous, la RAFI, invitons les citoyens, citoyennes, tous les antifascistes et antiracistes à se mobiliser en début d'après midi contre la venue de Le Pen à la salle MACH36 (ex Tarmac) à Déols le 26 février 2012 .
Tous unis contre l'extrême droite !
No Pasaran!
http://rafindre.over-blog.com
mardi 7 février 2012
dimanche 29 janvier 2012
SPIRIT OF 69 FESTIVAL N°4 A BORDEAUX
Concert pré festival à l'Heretic Club le 13 Avril avec:
POUTNIK BEAT (soul, bordeaux)
THE ROCKIN' PREACHERS (rocksteady, bordeaux)
SKA FEVER (ska, toulouse)
DJ JUANITO (jamaica memories, limoges)
22h - 04h
entrée: 7 euros
THE ROCKIN' PREACHERS (rocksteady, bordeaux)
SKA FEVER (ska, toulouse)
DJ JUANITO (jamaica memories, limoges)
22h - 04h
entrée: 7 euros
samedi 21 janvier 2012
lundi 2 janvier 2012
BONNE ANNEE!!
Quelque soit l'importance que nous attachons à la politique, nous devons être antirascistes et refuser toute ambiguïté.
SHARP, RASH ou APOLITIQUES: Nous sommes TOUS SKINHEAD!!
SOYONS UNIS!!
jeudi 29 décembre 2011
HORS CONTROLE - 6EME FESTIVAL ANTIFA - ZIQUODROME DE COMPIEGNE - 22 SEPTEMBRE 2006. (BOOTLEG)
Tous les titres sont sur la même piste.
Tracklist:
1-Bouffon
2-Skinhead Attitude
3-Pour Tes Frères
4-Pour Toi
5-Etat d'Esprit
6-Mauvais Caractère
7-In Memoriam
8-Nos Vies, Nos Habitudes
9-Hors Contrôle
10-Bière, Musique Et Amitié
11-Minable
12-Sainte Barbe
13-Ma Classe
14-Souviens Toi
15-Dans La Nuit
1-Bouffon
2-Skinhead Attitude
3-Pour Tes Frères
4-Pour Toi
5-Etat d'Esprit
6-Mauvais Caractère
7-In Memoriam
8-Nos Vies, Nos Habitudes
9-Hors Contrôle
10-Bière, Musique Et Amitié
11-Minable
12-Sainte Barbe
13-Ma Classe
14-Souviens Toi
15-Dans La Nuit
dimanche 25 décembre 2011
INNER TERRESTRIALS - LIVE IN FRANCE 2009
Créé en 1994 à Londres, Inner Terrestrials est un groupe d'anarcho-ska-punk. Il faudra attendre 3 ans avant que leur premier album "IT"(1997) voit le jour. Puis ils publient l'album live "Escape From New Cross" (1998), bientôt suivi du EP "Enter The Dragon" (1999). Puis ils rendirent hommage à Barry Horne, militant pour la cause animale décédé après uine grêve de la faim dans une chanson sortie en 2002. Leur 3ème album "X" (2004) fait suite à l'EP "Guns Of Brixton" sorti la même année. Enfin le EP "Tales Of Terror" (2008) est leur dernier enregistrement.
Evidemment, le groupe n'évolue pas dans la scène skinhead, mais nous pouvons être sensible aux influences ska, reggae et dub qui se trouvent dans leur musique.
Ce concert fut enregistré et mixé à l'arrache par moi-même, lors du show qu'ils donnèrent le 11 décembre 2009.
La formation est toujours la même depuis 1994 avec:
Jay-Guitar/Vocals
Fran-Bass
Paco (ex Conflict)-Drums
Tracklist:
1-The Name Of The Father
2-Dark Scar
3-Anarchy
4-Noah's Farce
5-Earth Must / Heartbeat
6-Off With Their Heads
7-Free The Land
8-Squatters Rights
9-Enter The Dragon
10-One Love (*Unreleased Track)
11-Moving On
12-War
mardi 20 décembre 2011
THE OPPRESSED - LIVE IN CARDIFF 1996 (BOOTLEG)
Setlist:
01-Work Together
02-That's Allright
03-Joe Hawkins
04-Substitute
05-Government Out
06-Garageland
07-Skinhead Girl
08-5.4.3.2.1
09-Ultra Violence
10-Same Old Story
11-Living With Unemployment
12-Magistrate
13-No Justice
14-Fuck Fascism
15-Skinhead Times
16-Harry Up Harry
17-Evil
18-Cum On Feel The Noize
mercredi 30 novembre 2011
LA SOURIS DEGLINGUEE - HISTOIRE D'UN GROUPE DE ROCK 'N' ROLL (LIVRE)
Auteur: Olivier Richard
Date: 2011
Résumé: En 1974, quatre potes, fans de Rock 'n' Roll décident de former un groupe: La Souris Déglinguée!!
Avis personnel: Ce livre unique raconte l'histoire de La Souris Déglinguée et éclaire toutes les zones d'ombres qui peuvent entourer LSD. A travers de multiples interview (Marsu, Didier Wampas, Marco "Wunderbach", Laurent Chalumeau, tous les membres, passés et présents de La Souris et d'autre), il permet de retracer tout l'itinéraire musical du groupe et de se rendre compte de toute la richesse de sa musique . On se rend également compte que LSD est loin de se résumer à Tai-Luc, puisque plusieurs concerts furent donnés en son absence. Mais bien plus qu'un simple témoignage sur l'histoire de La Souris Déglinguée, ce livre est aussi un témoignage sur les premiers pas du mouvement skinhead en France. Magistral!
samedi 26 novembre 2011
samedi 12 novembre 2011
dimanche 30 octobre 2011
LES TROIS FLECHES ANTIFASCISTES
Clarifications et précisions concernant l'histoire et notre utilisation des trois flèches
Les trois flèches sont un des symboles que nous arborons sur notre site et dans la rue. Des camarades nous ont fait remarquer à plusieurs reprises que nous arborions un « symbole de la SFIO » et donc en profitent pour nous qualifier de « sociaux-démocrates ». Nous n'entendons pas nous justifier de l’utilisation des trois flèches par le présent article, mais apporter quelques précisions et quelques pistes de réflexion. Nous entendons dépasser et dénoncer le jugement manichéen des gauchistes : « méchant » ou « gentil », qui va de pair avec le jugement avant-gardiste qui attribue bons et mauvais points à tout va, tout en méconnaissant les contextes et l’histoire.
Quelques points historiques et de contexte.
La grande famille du Socialisme se divise en plusieurs petites familles rassemblées autour de stratégies différentes pour arriver à la destruction du capitalisme et instaurer le socialisme et l'émancipation individuelle et collective du peuple. Deux grands groupes se font alors face : les « révolutionnaires » et les « réformistes » (nous nous attacherons d'abord à ces derniers).
Bien loin du cliché d'aujourd'hui où chacun qualifie de « réformiste » tout ce qui est plus modéré que ce qu'il pense, le réformisme historique est un véritable courant socialiste de transformation sociale et d'inspiration marxiste. Il a pour stratégie le passage au socialisme par étapes et dans un processus pacifique. Il entend ainsi éviter un affrontement avec la bourgeoisie. Cette vision de la construction du socialisme par étape a conduit les réformistes à privilégier la conquête des institutions, celles-ci devant se mettre au service de réformes destinées à réduire le pouvoir de la bourgeoisie au profit du prolétariat.
C'est pourquoi les partis et organisations se définissant aujourd'hui comme « révolutionnaires », « anticapitalistes », ou encore « d'extrême-gauche », mais qui en même temps se présentent sur une quelconque liste pour des élections, à commencer par l'échelle locale ou municipale, ne sont en aucun cas « révolutionnaires » : ils sont réformistes, au sens historique du terme. Le réformisme a échoué par son manque d'action pour faire naitre une contre-société prolétarienne. Pire, plus il s'est engouffré dans la collaboration avec la bourgeoisie libérale sur le plan institutionnel pour des alliances contre des forces plus réactionnaires sur le même échiquier, et plus son « socialisme » s'est transformé en libéralisme, pour tenter de créer un « capitalisme à visage humain ». C'est le cas aujourd'hui de tous les « partis socialistes » européens.
La vraie crise du réformisme intervient d'ailleurs en 1973 avec le coup d'Etat de Pinochet au Chili. Le président Salvador Allende et son parti socialiste authentiquement réformiste pensaient abattre le capitalisme par une succession de réformes mises en œuvre par l'Etat et appuyées par le peuple. Lors du coup d'Etat militaire, le gouvernement refusa de donner les armes au peuple et condamna ainsi son régime, et son peuple, au massacre et à la dictature.
Opposés à la stratégie réformiste, les « révolutionnaires », qui sont eux-mêmes divisés en plusieurs groupes selon deux configurations stratégiques et organiques : les révolutionnaires d'organisations politiques - partis (marxistes, libertaires) et les syndicalistes révolutionnaires (dont les Redskins Limoges se sentent les plus proches).
Création du symbole des trois flèches
Origine
Revenons donc à nos trois flèches. Même si on ne sait pas précisément d'où elles viennent, Serge Tchakhotine en a revendiqué la paternité. Ce menchevique (marxiste-réformiste russe) s'exile de Russie vers l'Allemagne suite à la prise du pouvoir par les bolchéviques (léninistes - révolutionnaires de parti). Membre du SPD (Parti Social-Démocrate Allemand), il en devient vite le théoricien pour ce qui est de la psychologie de masse. Il tient aussi ce rôle au sein de la classe ouvrière elle-même, car le SPD bien que réformiste était un authentique parti ouvrier. Il est le premier dans cette théorie à étudier et analyser le choc et l'influence psychologique que le nazisme a sur les masses via la symbolique (issue notamment des mythologies guerrières germanique, scandinave et romaine).
Évidemment, avant lui, des expériences similaires ont déjà été pratiquées au sein du mouvement ouvrier (notamment en Italie contre les fascistes de Mussolini). Des groupes prolétariens armés, les « Arditi del popolo », ont utilisé une symbolique ouvrière guerrière comme leur symbole de tête de mort ornée d'une couronne de laurier et le glaive rougeoyant entre les dents (symbole que nous avons également repris).
Serge Tchakhotine est donc l'un des initiateurs de la propagande moderne dans un contexte très tendu de guerre idéologique entre révolutions socialistes et réactions fascistes.
A partir du début des années 1920, l'Allemagne est plongée au cœur de la propagande nazie, copiée sur le modèle fasciste italien. Cette nouvelle propagande, issue du mouvement artistique « futuriste » italien, frappe les sens et empêche la réflexion critique d'individus immergés dans une symbolique paramilitaire (uniformes, défilés, drapeaux, hymnes, propagande guerrière antique...).
Tchakhotine est convaincu que si le prolétariat veut assurer la victoire finale contre le capital et son bras armé fasciste, il faut contrer Hitler et les nazis sur leur propre terrain : la sollicitation émotive des masses. C'est là que des symboles sont créés pour contrer les croix gammées et les autres symboles ésotériques nazis. Les trois flèches deviennent le plus populaire d'entre eux, car elles forment un symbole simple à faire, en ayant vocation à barrer de trois traits sur les murs la propagande nazie.
Dans le même élan, le SPD et le KPD (Parti Communiste Allemand) créent leurs propres organisations ouvrières d'autodéfense armée et paramilitaires : la Reichbanner et le Rotefrontkampferbund (« front de combat rouge ») comprenant de multiples sections locales et régionales coordonnées, comme le « Front d'Airain », pour se protéger des agressions.
C’est un succès immédiat. Les nazis commencent à subir des raclées dans les rues, les locaux syndicaux et prolétariens défendent chèrement leur peau face à leurs assaillants. Mais le Parti Social-Démocrate, bien qu'engagé sur ce terrain armé, maintient en parallèle sa vision réformiste malgré la situation grave qui est en train de se jouer. Les dirigeants refusent d'appliquer à l'échelle du parti les procédés de contre-propagande conseillés par Tchakhotine, isolant petit à petit les groupes ouvriers qui se battent dans la rue et laissant la victoire au nazisme mieux structuré et plus convaincu qu'une fois que les rues sont contrôlées c'est toute la société qui l'est.
Tchakhotine organisa avec ses propres ressources, contre l'avis de son parti, la propagande dans certaines régions d'Allemagne ; c'est là où les trois flèches furent les plus utilisées, par des sections dissidentes du SPD partisanes des conseils de Tchakhotine et de l'action armée. Comme il y avait encore en parallèle des élections, ce sont ces régions où le SPD fut largement devant le NSDAP (Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands).
Les trois flèches, devenues populaires dans le combat antifasciste, furent alors reprises et généralisées par le SPD pour maintenir les sections « opposantes » (celles fidèles aux préceptes de Tchakhotine) au sein du parti.
La signification
Bien que créées par un social-démocrate, les trois flèches n'ont pas été LE symbole de la social-démocratie, elles ont été imaginées pour pouvoir être utilisées massivement dans la rue par tout militant opposé au nazisme. Simples à faire et à comprendre, elles servaient à barrer rapidement la propagande nazie.
Outre cette vocation, elles avaient un sens particulièrement psychologique : leur orientation allait d'en haut à droite frappant en bas à gauche. Tchakhotine voulut sans doute créer ce symbole pour montrer à la classe ouvrière, et au peuple en général, qu'un pouvoir supérieur au nazisme, plus organisé, plus discipliné, pouvait l'anéantir.
Les trois flèches constituent donc un symbole guerrier marquant un combat frontal et violent, loin de l'image pacifiste du réformisme. On peut aussi y associer des mots d'ordres ternaires comme « Pain, Paix, Liberté », ou alors souvent arboré « Unité, Activité, Discipline », ou encore aujourd'hui avec notre mouvance « Liberté, Egalité, Solidarité ».
Malgré l'éloignement de Tchakhotine, dénonçant la passivité de la direction devant les évènements, le SPD s'est réapproprié le logo des trois flèches sur des affiches de propagande électorale, dont une célèbre où l'on voit une flèche frappant la royauté et l'empire, la deuxième le nazisme, et la troisième le marxisme-léninisme (plus exactement le stalinisme, même si le symbole marteau-faucille arboré n'est pas le symbole de Staline). Car il faut rappeler que Staline était alors à ce moment bien installé sur son trône autoritaire.
Concernant la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière)
A propos de la SFIO maintenant, qui arbora également les trois flèches dans les années 30 via les exilés socialistes et communistes allemands. Il faut savoir que ce n'est pas non plus la tendance la plus modérée de la SFIO qui importe et diffuse ce logo, mais la plus radicale, celle qui se définit comme marxiste mais anti-stalinienne.
Tchakhotine, après avoir quitté l'Allemagne, s'exile au Danemark, puis arrive en France au printemps 1934 où il adhère à la SFIO, dans la fédération de la Seine. C’est là qu’il rencontre Marceau Pivert et ses militants qui forment la tendance la plus radicale au sein de la SFIO. Ces derniers deviennent très vite adeptes des conceptions de Tchakhotine concernant l'autodéfense armée pour le prolétariat. La SFIO, très majoritairement réformiste, est mise devant le fait accompli suite à l'émeute fasciste de février 1934. Les pivertistes poussent à la création de milices ouvrières de défense et de services d'ordre armés. Les TPPS (« Toujours Prêts Pour Servir ») voient le jour suite à ça, ne respectant pas les directives du parti et se chargeant de nettoyer le département en attaquant les meetings, les défilés et les apparitions publiques de l'extrême-droite, aux côtés des jeunesses communistes et des militants de la CGTU. C'est d'ailleurs ce qui concrétisera en partie le rassemblement des différentes forces de gauche, en 1936, impulsé par les sections jeunes activistes antifascistes des différentes organisations se retrouvant lors d'actions coups de poing.
Le logo des trois flèches se généralise donc dans et par la Fédération de la Seine, qui signe avec ce symbole les affiches et les tracts sous influence de Marceau Pivert. Ce dernier crée en 1935 la tendance « Gauche Révolutionnaire » à l'intérieur de la SFIO et est élu dirigeant de la fédération départementale. Les trois flèches deviennent en France le symbole de la tendance pivertiste. Celui-ci dénonce la stratégie électorale du Front Populaire et préconise un Front fondé sur le combat social et les organisations ouvrières.
Suite à la victoire du Front Populaire en juin 1936, il exhorte Blum à rompre avec le capitalisme, mais ce dernier, réformiste, est méfiant vis-à-vis du monde ouvrier et de cette grève générale qui est en train de l'obliger à prendre directement les mesures sociales d'exception promises lors de sa campagne.
Déçu par la politique trop modérée de Blum, Marceau Pivert rompt avec la SFIO en 1937 et crée le PSOP (Parti Socialiste Ouvrier-Paysan). On peut trouver une certaine ressemblance avec le BOC catalan (Bloc Obrer y Campesino – Bloc Ouvrier et Paysan) créé par les Comités Syndicalistes Révolutionnaires espagnols, qui donnera le POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista – Parti Ouvrier d'Unification Marxiste). D'ailleurs, beaucoup de militants du POUM exilés d'Espagne suite à la défaite contre les franquistes rejoindront en France le PSOP de Pivert qui oscille entre marxisme anti-autoritaire et réformisme radical (sans compromis). Le parti sera interdit et dissout sous le régime collaborationniste de Vichy en 1940.
Notre utilisation aujourd'hui
Après ce petit côté historique des trois flèches, nous en arrivons donc à notre utilisation aujourd'hui.
Tout d'abord, les Redskins Limoges sont d'orientation révolutionnaire et anti-autoritaires. Seulement « d'orientation », parce que nous ne nous considérons pas comme une fin en soi. Nous n'avons pas la prétention comme d'autres collectifs ou groupes antifascistes de se revendiquer « anticapitalistes », tout simplement parce que ce n'est pas notre rôle.
Etre « anticapitalistes », c'est être organisés dans une structure de classe qui peut assumer et assurer la lutte de classes au quotidien avec comme objectif la destruction du capitalisme. Nous ne sommes qu'une petite structure informelle et activiste temporaire, notre but étant au travers de notre engagement dans les organisations de classe, de gagner celles-ci à la nécessité de s'organiser en force de combat massive antifasciste et de classe.
Nous nous sommes réappropriés le logo guerrier des trois flèches, non pas pour saluer les idées social-démocrates de Tchakhotine, mais pour saluer ses initiatives dans le domaine de l'autodéfense prolétarienne, parce qu'il est le premier à l'avoir structurée et propagée massivement. Nous revendiquons cet héritage des Arditi del Popolo et des formations prolétariennes d'autodéfense contre le fascisme et le capital ; il est donc important pour nous que les trois flèches ne tombent pas dans l'oubli et ne soient pas uniquement vues par l'apport réformiste de l'organisation qui se les est appropriées. Les trois flèches sont en dehors de l'idéologie de celui qui les a créées, un moyen simple, rapide et efficace de contrer la propagande fasciste et réactionnaire dans les rues.
De plus, les sections redskins/RASH qui utilisent le plus ce symbole aujourd'hui sont le RASH Bogota et le RASH Roma, largement composées de militant-e-s léninistes et marxistes-léninistes, c'est à dire opposé-e-s à la stratégie social-démocrate. On ne peut donc comparer l'utilisation des trois flèches aujourd'hui à de la propagande SFIO ou « social-démocrate ». Ces organisations se les sont appropriées à une époque donnée, les trois flèches sont tombées dans l'oubli, à nous aujourd'hui de les remettre au devant de la scène avec nos propres valeurs suivant les conseils de Tchakhotine en matière d'antifascisme.
Issu du site des Redskins Limoges
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